ARRAS, France – Les enquêteurs de la division antiterrorisme ont officiellement identifié, samedi, le tireur ayant ouvert le feu dans un train à grande vitesse (TGV) faisant le trajet entre Amsterdam et Paris comme étant Ayoub El-Kazzani, un Marocain connu des autorités dans trois pays.
Le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait déclaré plus tôt samedi que le gouvernement espagnol avait mis le service de renseignement français en garde contre l’homme de 26 ans en février 2014 en raison de son appartenance à la mouvance islamiste radicale.
Il avait ajouté que l’individu, qui aurait vécu en Espagne en 2014 et en Belgique en 2015, avait été arrêté en possession notamment d’un fusil d’assaut Kalachnikov et de neuf chargeurs garnis.
Une source au fait de l’enquête a révélé sous le couvert de l’anonymat que l’auteur de l’attaque survenue vendredi avait été identifié grâce à ses empreintes digitales.
Samedi, les trois Américains ayant réussi à désarmer et à maîtriser Ayoub El-Kazzani étaient présentés comme des héros.
Spencer Stone, un membre des forces aériennes américaines et résidant de Carmichael, en Californie, se trouvait à bord du TGV avec ses deux amis d’enfance, Anthony Sadler, un étudiant en physiothérapie de l’université de Sacremento, et Alek Skarlatos, un résidant de Roseburg, en Oregon, ayant récemment servi en Afghanistan au sein de la garde nationale des États-Unis.
M. Sadler a raconté à l’Associated Press que le trio avait vu un employé du train descendre l’allée en courant suivi d’un homme muni d’un fusil automatique.
«Comme il se préparait à tirer, Alek a crié: « Spencer, vas-y! » Et Spencer a couru dans l’allée, a-t-il relaté. C’est lui qui a fait le premier contact. Il a plaqué le gars et Alek s’est battu avec lui pour lui arracher le fusil et l’éloigner de lui. Le tireur a alors sorti un couteau à lame rétractable et a coupé Spencer à quelques reprises. Après, nous nous sommes mis à trois pour l’assommer.»
Selon Anthony Sadler, le suspect n’a pas dit un mot durant l’incident.
Le président français, François Hollande, et le président américain, Barack Obama, ont communiqué avec les trois hommes afin de les féliciter.
Hospitalisé vendredi en raison de ses blessures, Spencer Stone a reçu son congé samedi. Un Franco-Américain a aussi été blessé par balle durant l’attaque dans le train, qui a été redirigé vers Arras, la gare française la plus proche.
Un Français, qui a été le premier à croiser le tireur armé de sa Kalachnikov, a aussi reçu des félicitations pour avoir tenté de désarmer l’individu, tout comme un homme d’affaires britannique ayant aidé les Américains à le maîtriser.
L’acteur français Jean-Hugues Anglade se trouvait à bord du train, dans le wagon voisin avec ses deux enfants et sa compagne, lorsque l’attaque a eu lieu. Il s’est d’ailleurs entaillé un doigt «à l’os» en fracassant la vitre de l’alarme d’urgence.
En entrevue avec le magazine «Paris Match», il a confié que les passagers avaient pensé mourir. «J’ai pensé que c’était la fin, que nous allions mourir, qu’il allait tous nous tuer, a-t-il dit. Oui, on s’est vu mourir car nous étions prisonniers de ce train, et qu’il était impossible de s’échapper de ce cauchemar.»
Il a aussi raconté avoir vu des employés de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) s’enfermer dans le wagon de travail et refuser d’ouvrir aux passagers qui cognaient à la porte métallique.
«Collés les uns aux autres contre la porte métallique de la motrice. Nous tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions « Ouvrez ! » On voulait qu’ils réagissent ! En vain… Personne nous a répondu.»
Il a rendu hommage aux Américains et les a remerciés pour leur «courage héroïque».