Souvent cité en exemple, mais rarement – sinon jamais – égalé, le modèle de social-démocratie scandinave devra néanmoins s’adapter pour assurer sa longévité, croient les ambassadeurs de la Norvège, de la Suède et du Danemark au Canada.
«Si tu te plains de tes taxes, c’est que tu n’as pas beaucoup de raison de te plaindre», avait l’habitude de dire le père de Mona Elisabeth Brøther, aujourd’hui devenue la plus haute représentante de la Norvège à Ottawa.
«Il nous réveillait en nous disant: “Levez-vous et allez contribuer au PIB de votre pays!”» s’est rappelé hier la diplomate de haut rang lors d’une conférence organisée par le CORIM où le modèle scandinave était à l’honneur.
L’anecdote illustre bien la recette du succès d’une région qui trône au sommet des listes des indices de développement humain et social, selon l’ambassadeur danois au Canada, Niels Boel Abrahamsen.
«Chacun doit contribuer à la société pour mériter les bénéfices de l’État-providence», a expliqué M. Abrahamsen au cours de l’événement.
«Le succès des pays scandinaves repose sur une chose: la primauté du dialogue social.» – Mona Elisabeth Brøther, ambassadrice de la Norvège au Canada, expliquant que toutes les grandes orientations sociales sont décidées en concertation avec tous les acteurs de la société.
Même s’ils sont sortis plus rapidement que beaucoup d’autres nations du marasme économique subséquent à la crise économique de 2008, les pays scandinaves ont dû eux aussi adapter leur modèle social au nouveau contexte budgétaire difficile.
«Nos citoyens comprennent qu’en temps de crise, chacun doit faire des compromis pour préserver le contrat social, croit M. Abrahamsen. L’accessibilité universelle aux services prodigués par l’État est présentement remise en question dans mon pays, même si tous s’entendent sur l’importance de protéger notre filet social.»
Pour son homologue suédois, Per Sjögren, le Canada peut toutefois revendiquer plusieurs points communs avec les sociétés de la Scandinavie.
«Autant le Canada que nos pays accordent beaucoup d’importance au respect des droits humains, de la démocratie et de l’égalité entre les hommes et les femmes», a-t-il expliqué, appelant à ce que la politique étrangère d’Ottawa soit en phase avec celle des pays scandinaves en raison des valeurs qu’ils partagent.
Un rapprochement diplomatique qui paraît naturel, lorsque présenté par M. Sjögren. «Comme nos deux pays partagent le même amour de la rondelle, c’est une diplomatie du hockey en quelque sorte.»
