Jimmy Wales, à l’origine de
la création de l’encyclopédie en ligne Wikipedia, déplore la divulgation
publique des documents sensibles concernant les activités militaires
américaines en Afghanistan.
De plus, M. Wales n’apprécie pas non plus le
rapprochement que l’on peut faire entre les deux sites grâce au préfixe
«wiki», et ce, même si les deux sites ont des vocations très
différentes. «Je désire prendre mes distances avec WikiLeaks. J’aurais
aimé qu’ils utilisent un autre nom, car ils ne sont pas un «wiki». C’est
en partie en utilisant ce nom qu’ils sont devenus célèbres, ce qui est
regrettable à mes yeux», explique Jimmy Wales lors d’une allocution
prononcée à Kuala Lumpur (Malaisie).
Cette mésentente est survenue après que Wikileaks eut publié des
dizaines de milliers de documents confidentiels concernant l’armée
américaine. Trois médias avaient collaboré avec Wikileaks dans le but
d’effectuer une publication simultanée: The New York Times, The Gardian
et Der Spiegel. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a exprimé son
intention de publier en octobre environ 400 000 documents, portant
cette fois-ci sur les activités militaires américaines en Irak.
Sachant cela, Jimmy Wales n’a pas pu s’empêcher de faire un appel à
la prudence: «Je pense qu’il est essentiel d’avoir recours à des
journalistes responsables pour examiner les documents jugés sensibles…
C’est bien mieux que de diffuser toutes ces informations sur le web et
de provoquer la mort de personnes».
Adoptant la ligne de pensée du gouvernement américain et du
secrétaire général de l’OTAN, Jimmy Wales indique que la publication des
documents secrets a pu mettre la vie de «personnes de bonne foi» en
danger en Afghanistan. M. Wales qualifie même de «politique
irresponsable», la volonté de M. Assange de vouloir «absolument tout
publier», car cela induit un risque pour la vie des personnes que cela
affectera.
«Je ne pense pas que M. Assange souhaite la mort de ces personnes.
Mais lorsqu’il met en oeuvre sa politique irresponsable de publier
absolument tout, cela s’avère extrêmement dangereux pour elles», précise
le fondateur de Wikipedia.