Fini les insultes et les commentaires vitrioliques. «Bon combat». C’est tout ce que Jean Pascal et Bernard Hopkins ont dit au cours de la dernière conférence de presse avant le combat de championnat du monde qu’ils disputeront samedi soir au Centre Bell.
Les deux pugilistes nous avaient pourtant habitué à beaucoup plus de brasse camarade depuis leur premier duel le 18 décembre dernier, où Pascal avait conservé de justesse sa ceinture de champion des mi-lourds de la WBC. En fait, ces mois tumultueux expliquent peut-être pourquoi l’événement de mercredi s’est déroulé sans incidents. Tout a été dit et écrit, le temps est maintenant venu pour les deux boxeurs de régler leurs comptes dans le ring.
Marc Ramsay est celui qui s’est chargé du spectacle en invitant tout le monde au Centre Bell samedi pour assister à «l’exécution de Bernard Hopkins». L’entraîneur du champion québécois a également remercié l’aspirant américain pour son attitude des derniers mois, qui, selon lui, a motivé Jean Pascal comme jamais. «Je voudrais remercier Bernard pour le discours stupide qu’il a fait à New York au cours duquel il a affirmé qu’il allait tuer Jean, a-t-il lancé. C’est étrange que ça vienne de quelqu’un qui n’a jamais été reconnu comme un boxeur de puissance, mais il a fait un meilleur travail de motivation que n’importe quel entraîneur.»
Comme on doit s’y attendre, Richard Schaefer, de Golden Boy Promotion, a fait une lecture complètement différente de la guerre psychologique que s’est livrée les deux athlètes à l’approche du combat. «Avant le premier duel, je pense que Bernard avait réussi à jouer dans la tête de Jean, et c’est la même chose qu’on voit aujourd’hui, a-t-il affirmé. Je pense sincèrement que Jean est intimidé par Bernard.»
Un autre événement est venu animer la conférence de presse. Une des mannequins qui entouraient les tables où les boxeurs étaient assis a eu une faiblesse et s’est effondrée au sol. La jeune femme s’est relevée quelques instants plus tard pour aller prendre une bonne bouffée d’air frais.
Faire l’histoire
S’il l’emporte, Bernard Hopkins, qui est âgé de 46 ans, deviendra le plus vieux champion du monde de l’histoire de la boxe. L’Américain n’est toutefois pas le seul à pouvoir écrire l’histoire en cas de gain. Jean Pascal pourrait devenir seulement le quatrième boxeur chez les mi-lourds à défendre son titre à cinq reprises.
Expérience
Marc Ramsay, l’entraîneur de Jean Pascal, n’hésite pas à dire que son équipe a fait des erreurs avant et durant le premier combat contre Hopkins. Il est également catégorique : ça ne se reproduira pas. «Au premier combat, on imaginait qu’on allait affronter Raymond Bourque, mais Bernard a été tellement insultant à l’endroit du Québec que tout ce respect-là est disparu.»
Cette fois ci, l’entraîneur a décidé de se concentrer sur les forces de son poulain. «Nous ne sommes pas concentrés sur ce que l’autre clan dit ou fait, a-t-il expliqué. Nous avons une stratégie et si nous l’appliquons bien, il n’y a rien que Hopkins pourra faire pour sortir Jean de sa zone de confort.»
