La polémique grandit ces derniers temps au sujet des propos du premier ministre Charest qui, la semaine dernière, renvoyait aux parents la responsabilité du taux élevé de décrochage scolaire.
Avant Charest, ce sont les programmes scolaires, le sous-financement en éducation, les enseiÂgnants, la génétique (distinction filles/garçons), et j’en passe, qui étaient régulièrement mis en cause. Le problème est pourtant tout autre, mais bien évident, là, sous nos yeux. Il s’agit du salaire et de la réussite dans la vie. De longues études au Québec ne sont pas une promesse, et encore moins une garantie, d’un bon salaire et donc d’un niveau de vie à la hauteur des sacrifices. À preuve, le nombre de personnes détentrices d’une maîtrise – et parfois plus – qui peinent à se trouver un emploi décent.
En France, on a coutume de dire que sans le bac, tu n’es rien (quoiqu’avec le bac, souvent, tu n’as rien non plus). Au Québec, avec l’équivalent d’un DEC et parfois moins, on peut facilement aller chercher un 60 000 $ par année, et ce, toute sa vie, sans avoir eu à accumuler la moindre dette d’études…
Tant que «plus d’études» ne sera pas financièrement payant et que «peu d’études» continuera de l’être, le problème du décrochage scolaire se posera toujours avec la même acuité.
Certes, les études, c’est d’abord pour soi et pour sa propre réalisation. Mais la reconnaissance sociale et la promesse d’un niveau de vie adéquat – après tant d’efforts – resteront toujours un encouragement à persévérer un peu plus longtemps sur les bancs d’école.
– Patrice Emery Bakong