Les partisans du Canadien de Montréal sont reconnus pour leur passion. Il est donc normal qu’ils exigent le même type d’engagement émotif de la part de leurs bien-aimés. C’est ce qui explique pourquoi un joueur comme P.K. Subban s’est si bien intégré à Montréal. Une personnalité forte sur la glace aussi bien qu’en dehors de la patinoire, ça plaît aux gens qui veulent que leurs sportifs soient plus grands que nature.
Jacques Martin a été «critiqué» récemment pour son attitude impassible et froide. Le décès de Pat Burns a ravivé les souvenirs de plusieurs fans. Ceux-ci se sont rappelé à quel point l’ancien entraîneur était féroce et démonstratif. Il n’hésitait pas à frapper des bâtons sur les bandes et il bottait des derrières pendant les entraînements. Burns était comme ça.
Martin est un tout autre type d’animal. Toutefois, les gens ne devraient pas assimiler son côté stoïque à un manque de passion. Tomas Plekanec est un des joueurs les plus réservés de la Ligue, et pourtant, personne ne met en doute son engagement pendant les matchs. En ce moment, la meilleure chose à propos de Carey Price – et il y en a beaucoup –, c’est sa capacité à garder son calme. Voilà exactement le genre d’attitude qui permet à un gardien d’empêcher ses émotions d’avoir le dessus.
Il y a certainement des côtés positifs à avoir un homme serein derrière le banc. Bien sûr, une formation peut être inspirée quand elle voit un John Tortorella tester la solidité des bouteilles d’eau, mais il y a quelques chose de rassurant dans le fait de constater que l’entraîneur semble toujours maîtriser la situation.
Une telle attitude diminue les risques que la panique s’installe chez les joueurs. Au contraire, elle donne à ces derniers une bonne dose de confiance. Et, ne l’oublions pas, cela peut attirer la faveur des arbitres. Les zébrés sont des humains avant tout et ils seront mieux disposés à l’endroit d’un entraîneur qui ne veut pas leur arracher la tête chaque fois qu’ils commettent une «erreur». C’est probablement pour cela qu’il existe très peu d’images de Scotty Bowman en furie.
Jacques Martin n’est pas l’entraîneur le plus captivant de la planète, mais sa personnalité s’accorde parfaitement avec l’équipe montréalaise, qui a appris à travailler fort pour obtenir ce qu’elle veut.