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Lapsus, lapsus quand tu nous tiens

La langue de bois et de coton rè­gne en maître dans le monde politique. Heureusement, de temps en temps, il y a de petits lapsus ici et là. Ils surprennent, dérident et parfois laissent bouche bée. Quand, la semaine dernière, en pleine crise entre Pyongyang et Séoul, Sarah Palin déclara d’un ton solennel «nous devons soutenir nos alliés nord-coréens», tous les Américains, sauf les partisans de l’égérie ultraconservatrice, se sont esclaffés.

En septembre, c’était au tour des Français de rire. Rachida Dati, leur ancienne garde des Sceaux (ministre de la Justice), s’en est prise aux fonds d’investissements étrangers «qui demandent des taux de rentabilité à 20-25 %, avec une fellation quasi nulle…» Celle qui rêve de remplacer Bertrand Delanoë à la mairie de Paris voulait parler d’inflation… Évidemment.

Un mois plus tard, toujours en France, c’était à Brice Hortefeux de se retrouver dans l’embarras textuel. Au lieu de dire «empreintes digitales», le ministre de l’Intérieur lâcha ces deux mots : «empreintes génitales». Vi­vant, Freud se ferait un coquin plaisir de déterminer si les Français ont le monopole des bourdes à caractère sexuel.

Toujours en octobre, au Québec cette fois, Jean Charest s’est mélangé dans ses pinceaux en évoquant l’«industrie de la corruption». À quoi pensait-il? À l’industrie de la construction, bien sûr. On a beau tourner sa langue sept fois avant de parler, rien n’y fait : les lapsus peuvent, à tout moment, parasiter le discours de n’importe quel rhéteur et laisser le public sans voix.

Quand il était premier ministre de la «Per­fide Albion», pardon, du Royaume-Uni, Gordon Brown n’avait peut-être pas trop le moral. Il parlait de «dépression mondiale» au lieu de «récession». Mais, était-ce vraiment un lapsus? Il s’est, par contre, royalement trompé lors des cérémonies du 65e anniversaire du débarquement allié en Normandie, en évoquant «Obama Beach» au lieu d’«Omaha Beach», la célèbre plage où moururent un millier d’Américains.

Barack Obama a beau être un acrobate du verbe, lors de sa visite à Ottawa, en février 2009, qu’a-t-il dit aux Canadiens? «C’est un grand plaisir d’être ici en Iowa…» Il s’est cependant vitre rattrapé: «euh, à Ottawa». L’actuel président n’a plus la cote auprès des Américains, mais il ne risque pas de tomber aussi bas dans le florilège des lapsus que son prédécesseur qui, notamment, confondait les Grecs avec les «Gréciens». George W. Bush n’est plus président. Il faisait les choux gras des médias. Heureusement, Sarah Palin est là.

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