Le golfe du Mexique récupère difficilement de la catastrophe

Des espèces en voie de disparition. Des Å“ufs abandonnés. Des côtes souillées par des boules de goudron. Un océan qui réussit à décomposer une énorme quantité de pétrole. Bienvenue dans le golfe du Mexique, six mois après le déversement de pétrole de BP.

Le 20 avril 2010 était censé être un jour de fête pour la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon de BP, puisqu’il marquait une septième année sans accident. Malheureusement, la plate-forme a explosé. Entre le 20 avril et le 19 septembre, le puits de BP a laissé échapper quelque 428 millions de barils de pétrole dans le golfe du Mexique. «Les conséquences du déversement de pétrole sont encore très graves, affirme Mark Floegel, chercheur principal sur le terrain de Greenpeace. Le déversement n’aurait pas pu se produire à un pire moment de l’année qu’avril. À ce moment-là, 75 % des oiseaux migrateurs des États-Unis traversaient le golfe du Mexique.»

D’autres soutiennent que la catastrophe aurait pu être bien pire. «Nous étions extrêmement inquiets au début de l’été, confie Ed Overton, scientifique de l’environnement à la Louisiana State University. Jusqu’à maintenant, nos craintes ne se sont pas réalisées. Comme la fuite s’est produite loin de la côte, les constituants les plus dangereux se sont évaporés avant que le pétrole ne l’atteigne.» Même si elles sont inesthétiques, les boules de goudron (du pétrole concentré) qui flottent près de la côte représentent un faible risque pour l’environnement.  

Néanmoins, BP peut se compter chanceuse que l’accident, le pire déversement de pétrole en milieu marin de l’histoire, ait eu lieu dans le golfe du Mexique, où des fentes naturelles laissaient déjà échapper du pétrole. Conséquemment, les micro­bes de l’océan ont appris à décomposer la substance qui suinte naturellement du plancher océanique. Cependant, les prochains mois seront porteurs de mauvaises nouvel­les, puisque le pétrole rejeté sur les côtes retournera dans le golfe. «Nous ne sommes pas sortis de l’auberge,  fait remarquer M. Overton. Nous n’avons constaté que les effets du déversement sur la côte. Nous ignorons la gravité des dommages subis par le milieu biologique éloigné des côtes. Il faudra probablement plusieurs années avant de connaître les dommages causés à la chaîne alimentaire.»

Sauvés de la marée noire, mais survivront-ils?
Lorsque son regard se pose sur le golfe du Mexique, Caroline Habrun sait que certains pélicans sont vivants grâce à elle. L’étudiante en médecine vétérinaire de la Louisiana State University a participé au nettoyage de centaines d’oiseaux englués dans le pétrole déversé par le puits de BP. «La remise en liberté de ces oiseaux est le moment dont je suis la plus fière de toute ma vie», dit-elle.  

Les oiseaux mazoutés symbolisent le déversement de pétrole de BP, mais, grâce à des bénévoles comme Caroline Habrun, la plupart d’entre eux ont été nettoyés. «Ce n’est pas n’importe qui qui peut nettoyer des oiseaux, car il faut avoir reçu une formation pour travailler avec des matières dangereuses telles que le pétrole», explique la vétérinaire principale de la Louisiana State University, Rebecca McConnico, qui a dirigé une équipe d’interven­tion composée d’étudiants. 

Près de 2 300 oiseaux sont morts immédiatement après la catastrophe causée par la plate-forme Deepwater Horizon. Jusqu’à 80 % des oiseaux ramenés sur la rive pour y être nettoyés ont survécu et ont été relâchés dans la nature. Cependant, les oiseaux survivants font maintenant face à des défis encore plus grands. En 1992, deux ans après un déversement de pétrole qui s’est produit en Californie, seuls 10 % des pélicans mazoutés étaient vivants, comparativement à 50 % des pélicans d’un groupe de contrôle. «Nous savons que la majorité des oiseaux nettoyés ne survivront pas», souligne Mme McConnico.

Les causes
Résultats préliminaires de deux rapports majeurs sur les causes du déversement de pétrole de BP :

Les conclusions de la National Academy of Engineering des États-Unis :

Les conclusions de l’Oil Spill Commission créée par la Maison-Blanche :

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