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Turcot : encore le mépris…

Le mépris n’aura qu’un temps. Ce titre d’un film réalisé par Arthur Lamothe en 1969 est resté gravé dans notre mémoire collective. L’une des scènes les plus poignantes de ce long métrage fait voir une grue retirant les cadavres des sept travailleurs morts le 16 décembre 1965 sous l’effondrement de l’échangeur Turcot pendant sa construction.

Le cinéaste raconte que le titre lui avait été suggéré par l’écrivain Pierre Vadeboncoeur, que l’extrait tourné sur le chantier lui avait été transmis par le syndicaliste Michel Bourdon, futur député péquiste et mari de Louise Harel, et que les entrepreneurs, dont la négligence était évidente, furent exonérés de toute responsabilité par le pouvoir judiciaire.

Quarante-cinq ans plus tard, c’est notre gouvernement québécois qui déverse son arrogance sur les Montréalais et leurs élus en les boycottant et en leur imposant un projet de réfection faisant fi des études et des recommandations unanimes des milieux concernés. Quels intérêts ce gouvernement cherche-t-il donc à protéger pour ainsi s’aliéner toute une population et forcer le maire de Montréal à s’incliner? Le béton primera-t-il encore longtemps sur le bien-être du monde? Décidément, l’histoire se répète, et Turcot redevient le symbole du mépris, qui n’aurait dû avoir qu’un temps…

– René Laperrière

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