Je reviens d’Haïti où j’ai passé deux semaines de vacances. Oui, vous avez bien lu, VACANCES, cette période de repos si précieuse, phénomène de rareté oblige. Je suis arrivée sur l’île une semaine après le bacille cholérique et une semaine avant l’ouragan Tomas. Bref, tout pour décrocher du quotidien!
La couverture médiatique générale au Québec n’avait rien pour rassurer mes proches. Pour certains, j’aurais dû choisir une destination plus reposante, comme le Mexique, mais j’ai préféré la Perle des Antilles à toutes les autres destinations tropicales et je ne regrette pas mon choix.
Aujourd’hui, j’ai envie de dire qu’on peut être heureux dans ce pays, malgré tout ce que l’on nous répète dans les médias, donc grâce à tout ce que l’on ne nous dit pas. Je ne veux pas critiquer les journalistes et les rédactions pour leurs choix de couverture, mais je veux plutôt démontrer qu’Haïti peut aussi rimer avec bonheur. Je crois que partager ses bons coups alimentera l’espoir, ingrédient de base essentiel au dévelopÂpement d’une société.
Ainsi, si on me mandatait comme journaliste en Haïti, j’en profiterais pour présenter des organisations haïtiennes et des histoires de personnes que j’ai rencontrées qui m’ont grandement inspirée durant mon séjour.
D’abord, la rencontre avec le Kolektif Atis Jakmèl (KOLAJ), un regroupement d’artistes peintres et de sculpteurs de Jacmel. Lors de la Gédé (version vaudou de la fête de la Toussaint), ces artistes ont organisé une exposition nocturne de statuettes fabriquées à partir de débris du séisme et de matériel récupéré. Il fallait les voir préparer le lieu en nettoyant l’escalier de la place publique, enseveli sous les immondices, afin de pouvoir accueillir les visiteurs locaux et internationaux venus pour souligner la première fête des Morts depuis l’événement. Les gens du voisinage leur offraient de l’eau potable, trop heureux de cette corvée improvisée. Ce collectif d’artistes inspire aussi les jeunes qui habitent le camp de sinistrés sur cette même grande place en organisant des ateliers de création spécialement pour eux. KOLAJ est très actif dans la ville. Il possède un atelier-galerie et un site internet (www.atisjakmel.org). Oui, il y a de l’espoir en Haïti.
Ensuite, j’ai aussi eu la chance de visiter le centre Kay Fanm à Port-au-Prince. J’y ai rencontré certaines intervenantes et même eu la chance d’accompagner l’une d’entre elles à la Saline, un gigantesque bidonville situé en plein cÅ“ur de la capitale, alors qu’elle rencontrait des femmes prêtes à se lancer dans la grande aventure du microcrédit. Moi-même gestionnaire d’une entre-prise d’économie sociale, j’ai été interpellée par ce soutien visant à développer l’autonomie financière des femmes du pays. Beaucoup d’autres programmes de cette teneur sont menés par le centre (www.kayfanm.info). Oui, il y a de l’espoir en Haïti.
Je pourrais aussi parler du vernissage de l’artiste Garibaldi à Jacmel, présenter les jeunes propriétaires du bistro-bar Le 4-14 de Port-au-Prince ou encore interviewer Antoine, qui préfère rester en Haïti en travaillant à la distribution d’eau potable pour aider plutôt que de partir habiter aux États-Unis. Bref, il y a beaucoup d’espoir en Haïti. Le saviez-vous?
– Éveline Ferland, Montréal