Ça y est. C’est maintenant officiel: la saga des blessures « au haut du
corps » et « au bas du corps » est maintenant hors de contrôle.
C’est le cas à Montréal, du moins, où les joueurs du Canadien et ceux
qui les entourent ne cessent de se moquer, au moyen d’un humour bon
enfant, du « flou artistique » provoqué par la politique de la LNH, qui
n’oblige plus les clubs à préciser la nature des blessures subies par
leurs joueurs, à ce chapitre.
Le résultat: depuis le début de la semaine, on a demandé deux fois,
sourire en coin, à Jacques Martin de définir ce que constitue le haut du
corps et le bas du corps. Et surtout, une blessure à la main doit-elle
être considérée comme un mal au haut du corps quand, dans les faits, la
main se trouve à la hauteur du bas du corps lorsque les bras sont au
repos?
« Mon verdict, c’est que ça reste le haut du corps », a répondu
l’entraîneur du CH en jouant le jeu… tout en ayant hâte de passer aux
choses plus sérieuses.
Jaroslav Spacek, celui dont on soupçonne justement d’avoir une blessure à
la main, était toutefois plus catégorique, mardi: sans équivoque, il
s’agit d’une blessure au haut du corps. Dans son cas, du moins.
« Mes mains sont courtes. Elles ne vont même pas jusqu’en bas », a lancé le vétéran défenseur.
50-50, dit Spacek
Spacek et Scott Gomez ont beau avoir mal à différentes parties du corps,
ils ont pris plaisir à se dilater la rate, mardi, après tous les deux
avoir pris part à l’entraînement du Canadien au Complexe sportif Bell à
Brossard.
Gomez, qui est officiellement blessé au haut du corps, a « avoué » s’être
blessé aux orteils, mardi. Puis… au mollet. Il a même parlé de son
derrière. Tout cela, quelques jours après avoir parlé d’une blessure au
tibia.
Outre sa remarque à propos de ses mains, Spacek s’est moqué de son
propre manque de savoir-faire lorsqu’il se hasarde à se battre.
Plus sérieusement, Spacek a indiqué que ses chances de disputer le match
de mercredi contre les Flyers de Philadelphie, au Centre Bell, étaient
de « 50-50 ». Gomez, lui, a dit se sentir « beaucoup mieux ».
Dans les deux cas, la direction du Canadien préférait attendre la
journée de mercredi avant de décider si les deux vétérans sont en assez
bon état pour jouer.
Quant à Josh Gorges, l’autre joueur à avoir raté l’entraînement de
lundi, à l’instar de Gomez et Spacek, il a certifié qu’il jouerait
mercredi. Le défenseur a raté quelques entraînements, ces dernières
semaines, sans toutefois rater un seul match.
De bonne humeur
« Je me sens très bien, a rétorqué Spacek lorsqu’on lui a demandé comment
il se sentait. Noël s’en vient et j’ai fini d’acheter tous mes cadeaux,
alors ça va bien.
« Je me suis réveillé de bonne humeur (mardi) matin, puis j’ai accompagné
mon fils à son autobus et il était de bonne humeur lui aussi, alors
j’ai décidé de venir m’entraîner avec l’équipe, a par ailleurs lancé
Spacek, pince-sans-rire. Et finalement, je me suis bien amusé. »
Spacek s’est blessé en se battant avec Clarke MacArthur, samedi à
Toronto. Même s’il se bat rarement, c’est la deuxième fois qu’il se
blesse dans un tel contexte. Il a reconnu, mardi, que c’était peut-être
la dernière fois qu’il acceptait de laisser tomber les gants. Ou
peut-être pas.
« Moi, le petit vieux, qui pensait encore avoir 20 ans… Mais après le
combat, je me suis dit que finalement, je n’ai probablement plus 20 ans.
Alors la prochaine fois, je vais sans doute garder mon casque… et
juste chercher à prendre la poudre d’escampette.
« Alors c’est peut-être mon dernier combat, oui. Pour un bout de temps,
du moins. On verra. Il y en aura peut-être un autre. Après tout, il me
reste encore un an à mon contrat. Un (combat) par année, c’est bien
comme moyenne », a ajouté Spacek sur le même ton.
C’est lorsqu’on a demandé à Gomez s’il avait pu donner un effort
complet, lors de l’entraînement de mardi, que l’Américain originaire de
l’Alaska s’est mis à jouer au détecteur de mensonges.
« J’y suis allé à 100 pour cent. À l’entraînement, tu ne peux pas aller
sur la glace en t’inquiétant de ta blessure », a d’abord lancé Gomez, qui
s’est absenté des deux matchs du week-end dernier après s’être blessé
mardi de la semaine dernière, face aux Sénateurs d’Ottawa.
« …Avec les fractures aux orteils, ton coup de patin est un peu
déphasé, mais tu peux quand même y aller à 100 pour cent », a-t-il ajouté
après une pause.
Lorsqu’on a tenté de savoir si Gomez blaguait ou s’il était vraiment passé aux aveux, l’attaquant en a rajouté.
« Ah oui, et j’ai une petite entorse à la cheville aussi. (…) Et vous
savez, quand on a une blessure au mollet, ça aussi ça brise ton
rythme…
« Mais le derrière, ça, c’est une autre paire de manches, a par ailleurs
lancé Gomez, qui a souvent fait allusion à ses muscles fessiers ces
dernières semaines. Le mien est tellement gros que je ne ressens rien.
Alors je n’ai pas de problème à ce niveau-là. »
Vivement les matchs de mercredi, contre les Flyers, et de jeudi, contre les Bruins de Boston.