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Marine Le Pen à la tête du Front national?

Marine Le Pen, 42 ans, est grande favorite pour prendre ce week-end la succession de son père, Jean-Marie le Pen, qui dirigeait le Front national depuis 1972. Celle qui est présentée comme plus « fréquentable Â», et donc comme plus dangereuse que son père, serait alors candidate du parti d’extrême droite à la présidentielle de 2012.

Vous pensez pouvoir rééditer la performance de Jean-Marie Le Pen, qui avait atteint le second tour de la présidentielle en 2002 ?
Oui. Compte tenu de la situation de la France et de la classe politique aujourd’hui, l’hypothèse de ma présence au second tour est plausible et crédible. Même mes adversaires politiques le disent. Je le souhaite, car sinon les Français n’auraient qu’un faux choix : sur tous les grands maux qui frappent notre pays, l’Europe, l’euro ou l’immigration, les projets des deux principaux partis, le PS et l’UMP, sont à peu près semblables. Mais mon véritable objectif, c’est de remporter la présidentielle.

Comment expliquez-vous les succès électoraux des partis d’extrême-droite en Europe ?
Ils répondent à un mouvement de défense de la civilisation européenne. Beaucoup de peuples européens sont en train de prendre conscience qu’ils sont confrontés à deux totalitarismes aujourd’hui : la mondialisation et l’islamisme. L »immigration massive, qui a importé avec elle des modes de vie qui bousculent nos peuples dans leurs habitudes, leurs valeurs, leurs lois, qui est en cause, crée un réflexe vital, quels que soient les pays où s’expriment ces revendications identitaires.

Qu’avez-vous penser de la polémique sur l’expulsion des Roms cet été ?
Nicolas Sarkozy a eu une vision communautariste : s’il faut démanteler des camps illégaux, ce sont tous les camps illégaux, et pas seulement ceux des Roms, qu’il faut démanteler. Cette opération électoraliste a permis de mettre en avant la contradiction de Nicolas Sarkozy, qui ne peut pas en même temps nous avoir imposé le traité de Lisbonne, qui supprime les frontières, et vouloir renvoyer des gens à une frontière qui n’existe plus. Si on veut maîtriser qui vient sur notre territoire, la première des choses, c’est de rétablir des frontières.

La loi prohibant le voile intégral entrera en vigueur en avril. La France sera ainsi le premier pays d’Europe à mettre en place une telle interdiction. Comment vous la jugez ?
Cette loi se limite aux espaces publics. Je pense que le voile, qui dans un pays laïc est un signe ostensible et une revendication politique, aurait du être interdit partout. Par peur, par faiblesse, le gouvernement n’est pas allé au bout de sa logique. Dans les entreprises privées notamment, aucune réponse n’est apportée.as de réponse notamment au secteur privé.

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