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Québec et le multilinguisme

Est-ce que l’école devrait offrir une immersion en anglais à tous les jeunes Québécois? Est-ce que l’école québécoise devrait avoir pour but de faire en sorte que tous ceux qui en sortent maîtrisent parfaitement l’anglais?

Dans une situation comme celle du Québec, le grand linguiste Claude Hagège affirme que «le bilinguisme représente un danger, pour la raison très simple que la pression de l’anglais est si forte dans le monde contemporain qu’il a la capacité de chasser, d’éliminer toute autre langue». 

Hagège favorise donc le multilinguisme. N’est-ce pas la leçon que nous donnent des petites nations comme le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, où l’on enseigne trois ou quatre langues à l’école?

Vrai, nous sommes au milieu d’une mer d’anglophones, mais avec l’avion, les Québécois ont redécouvert un océan de 600 millions de latins. Une vingtaine de pays, dont plusieurs connaissent des croissances économiques remarquables, ont l’espa­gnol comme langue nationale, une langue latine proche du français. Chaque année, plus de 700 000 Québécois séjournent en Amérique latine (République dominicaine, Cuba, Mexique, Costa Rica).

L’école québécoise devrait offrir trois langues : le français prioritaire, puis deux langues étrangères, l’anglais et l’espagnol. Imposer une maîtrise parfaite de l’anglais à tous, c’est risquer de condamner à plus ou moins brève échéance, le français à la disparition.

– Alain Lavallée, Longueuil

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