C’est dans la cafétéria d’un édifice de Ville Saint-Laurent, transformé en bureau de fortune pour l’occasion, que Métro est né. «Nous avions poussé les tables et les micro-ondes pour nous faire de la place afin de travailler, raconte Marc-André Dumont, qui a été le premier rédacteur en chef du quotidien gratuit. Je me rappelle clairement notre première soirée. Tous les médias montréalais parlaient de nous.»
Au-delà des installations précaires, M. Dumont retient surtout l’effervescence entourant le lancement du journal et le défi que cela représentait. «C’était une occasion unique de participer au lancement d’un quotidien. Très peu de journalistes ont la chance de vivre cela dans leur carrière. Nous étions devant une page blanche. Nous avions bien sûr l’aide de Transcontinental et de Metro International, mais nous avions tout à défricher.»
M. Dumont était à l’époque à la tête d’une petite équipe de journalistes. Selon lui, le travail de cette équipe n’a pas pris de temps avant d’être remarqué par la population. «Nous travaillions très fort pour produire le journal, et les lecteurs l’ont apprécié. Nous sommes devenus populaires rapidement. Dès le départ, les sondages montraient que les gens reconnaissaient et lisaient le journal. Nous recevions beaucoup d’appels et de messages d’encouragement.»
L’ancien rédacteur en chef indique que le format particulier de Métro expliÂque la réaction positive du public. «C’est un média très urbain. Il s’adresse à des gens occupés qui veulent être informés efficacement et rapidement, dit-il. Grâce à nos textes brefs et précis, nous arrivions à ratisser très large dans l’actualité. Il ne faut pas oublier non plus que nous avions le premier quotidien broché à Montréal. Toutes les pages étaient en couleurs. Le journal avait beaucoup d’attrait sur le plan esthétique. Ça a tout de suite attiré l’attention des lecteurs.»
Maintenant entraîneur-chef dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Marc-André Dumont voit beaucoup de ressemblances entre un vestiaire de hockey et une salle de rédaction. «Qu’on travaille avec un groupe d’athlètes ou un groupe de journalistes, l’objectif reste le même : s’assurer que tout le monde suive une ligne directrice pour que le produit final soit réussi, tout en mettant de l’avant les forces de chacun.»
11 Septembre 2001: nouvelle marquante
Comme l’immense majorité des journalistes qui travaillaient ce jour-là, Marc-André Dumont a été fortement marqué par les attentats du 11 septembre 2001. Bien qu’il s’agisse d’un événement d’une grande tristesse, l’attaque d’Al-Qaïda représentait un moment extrêmeÂment stimulant sur le plan journalistique. «Je crois sincèrement que nous avions la une la plus percutante à Montréal le 12 septembre. Nous avions une photo qui avait été achetée par le groupe Metro, donc qui était exclusive. Au lendemain des événements, nous avions livré une édition qui n’avait rien à envier aux quotidiens traditionnels.»
Montréal-Paris
En 2002, Marc-André Dumont s’est rendu en France en compagnie d’une de ses collègues, Marie-Ève Fortin, pour participer au lancement de Metro France. «Comme nous étions le seul journal francophone du groupe Metro, nous avons offert notre expertise sur le plan rédactionnel pour aider à lancer l’édition française du quotidien.», explique M. Dumont.