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La révolution Canadien

Yvan Piquette, Réal Munger et Paul Meilleur-Aucoin/Sportnographe

Tout ça a commencé dans une petite ville du centre-ouest de la Tunisie, à des kilomètres des grandes attractions touristiques, alors qu’un vendeur de fruits a décidé qu’il en avait assez de toute cette corruption qui coagulait l’évolution de la société tunisienne et a posé un geste qui a enflammé tout le Proche-Orient, établissant la première pierre d’une ère nouvelle dans la région.

Ça vous rappelle quelque chose? C’est normal. Car cette histoire se rapproche énormément de celle que Canadien a légué au peuple québécois. Fectivement, qui ne se souvient pas d’un certain 17 mars 1955, alors que les méchants anglais (surnommons-les pour les besoins de ce récit les «dictateurs»), ont décidé de réprimer un jeune joueur canadien-français (surnommons-le le «vendeur de fruits») en lui imposant une sanction clairement injustifiée, devant tout un peuple qui en avait assez.

Le colonel Campbell, insensible à la colère d’une population qui lui en voulait et déconnecté de la réalité, se présenta devant son peuple lors du match suivant, provoquant une émeute sans précédent. S’en suivit une escalade sur la place centrale de la métropole, le «forum», qui en­flamma le reste de la région et mena directement à la Révolution tranquille. Outre le fait que cela prouve que Canadien est dans tout, ça démontre que le sport peut, tout comme les fruits, provoquer une révolution.

Une révolution en 2011
Parlant de mouvements populaires, il y a aujour­d’hui au Québec et au Canada plusieurs groupes qui s’opposent à certaines décisions gouvernementales. On voit grandir un soulèvement clair face aux gaz de schiste, à l’exploitation de l’amiante, à la présence sur terre de Gérald Tremblay et à la prière en campagne saguenéenne. Une chose est certaine, la population est à une étincelle de s’enflammer. La question qui reste à poser est celle-ci : qu’est-ce qui pourrait provoquer ce soulèvement?

Ce qui nous amène à la date limite des échanges, qui est le 28 février. Les prochains gestes de Pierre Gauthier seront scrutés à la loupe. Car tout changement radical et injustifié dans l’alignement pourrait mettre la ville de Montréal à feu et à sang. Rappelez-vous de Jaroslav Halak. Un autre coup du genre et il ne serait pas surprenant que la rue Sherbrooke soit prise d’assaut.

Toutefois, un contact à la Ville de Montréal nous a confirmé qu’après vérification de la boîte de courriels de Pierre Gauthier, tout sera tranquille à ce chapitre. La révolution attendra.


Vendredi soir à 19 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada – 95,1 FM

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