Ma conjointe et moi refusons de suivre la parade. Nous refusons la logique actuelle du dévelopÂpement, sauf en ce qui concerne les personÂnes démunies de notre société et les peuples en voie de développement dans le monde. Nous refusons la logique du dévelopÂpement incarné par les grands projets coûteux qui profitent avant tout à une minorité de gens. Nous refusons cette logique du développeÂment à tout prix au détriment de notre environnement et de notre qualité de vie.
Ma conjointe et moi avons la chance de vivre à deux pour partager les dépenses. Nous choisissons de vivre simplement. Nous limitons notre temps de travail, donc nos revenus, pour avoir plus de temps à nous. Nous consommons peu.
Lorsqu’on voit les gens courir tout le temps et s’endetter. Lorsque nous voyons autant de gens malades ou sur les pilules. Lorsque nous voyons autant d’enfants la clé autour du cou ou sur le Ritalin. Lorsque nous voyons autant de jeunes décrocher de l’école. Nous nous demandons si les gens font de bons choix individuels, si la société québécoise fait les bons choix collectifs et si les prioÂrités sont à la bonne place.
Et si on se disait que l’on a maintenant tout ce qu’il nous est nécessaire pour vivre? Et si l’on se disait que la protection de notre patrimoine naturel commun, à transmettre à nos enfants et nos petits enfants, passe avant notre consommation personÂnelle? Et si l’on se disait que notre projet de société au Québec, à mettre de l’avant dans le monde, est avant tout de profiter de la vie plutôt que de la gagner? Combien d’entre nous seraient d’accord?
– Yves Chartrand, Montréal