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Être jeune au Saguenay

L’appui de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) au projet de loi du Bloc québécois pour un crédit d’impôt pour les jeunes diplômés (C-288) démontre l’urgence d’un tel programme pour enrayer l’exode des jeunes vers les grands centres. J’ai 22 ans et, depuis quelques semaines, j’ai honte d’être Saguenéen.

Le comportement du maire de Saguenay dans le dossier de la prière, la réaction de certaines radios qui travaillent pour discréditer les opposants qui réclament un espace public franc du religieux, les publicités désastreuses du parti conservateur qui ne sont pas loin d’être des déchets visuels, en nous indiquant que la région doit être au pouvoir (notre région au Pouvoir). Cet amalgame d’événements me donne le goût de m’en aller dans un grand centre.

Voir le maire, Jean Tremblay, dire lors de sa conférence de presse de la semaine dernière, devant les médias nationaux, que ce sont nos valeurs canadiennes-françaises, qu’il faut les défendre, rappelle atrocement une époque, qui heureusement est derrière nous. Pensez-vous que la jeunesse a le goût de rester dans un environnement qui rappelle la grande noirceur?

Il y a des publicités pour nous inciter à rester dans la région, mais du même coup deux des trois députés fédéraux de la région refusent d’appuyer une loi pour le retour des jeunes diplômés dans les régions-ressources. Avec ce qui se passe dans la région, l’intolérance véhiculée par le premier magistrat, celle de certains médias régionaux et le refus opposé par les députés conserveurs au projet de loi C-288, j’ai des munitions pour m’en aller dans un grand centre. Le choix n’est pas très difficile dans le fond : rester à Saguenay l’intolérante ou partir pour des cieux meilleurs.

– Claude Côté, Étudiant en science politique, UQAC

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