Le peu qu’on a entendu de François Legault à Tout le monde en parle est suffisant pour me faire à l’idée qu’il n’y a rien de nouveau ni dans son approche, ni dans le flou, ni dans le ton. Ni de gauche, ni de droite, ni indépendantiste, ni fédéraliste, il se définit comme un pragmatique.
Ainsi se fait-il l’apôtre, comme tous les autres qui tiennent à peu de chose près le même discours, de l’obligation (faute de quoi nous sommes des rêveurs) de soulager les compagnies en réduisant leurs contributions fiscales. Et nous revoilà, à chaque élection, devant les mêmes débats, à chercher une solution viable et sensée à nos problèmes de santé, d’éducation, d’infrastructures, bref, de ce qui constitue l’essence même de toute société organisée et progressiste.
Serait-il possible d’envisager que les compagnies qui exploitent nos richesses naturelles contribuent davantage au pacte fiscal? De faire en sorte qu’elles partagent et se montrent responsables et impliquées dans le mieux-être collectif?
Les compagnies intéressées par les profits et liées à l’exploitation de nos richesses naturelles – terres agricoles, eau, gaz, pétrole, forêts et mines – ont besoin de nous autant que nous avons besoin d’elles. Si on fixait un taux de redevances juste aux compagnies exploitantes, cela dégagerait les sommes nécessaires à nos besoins en tant que société.
C’est à nous et non à l’industrie à fixer les conditions. Ce n’est pas à nous de payer les compagnies afin qu’elles exploitent nos richesses naturelles. Mais c’est notre responsabilité de faire en sorte que leur exploitation profite à la collectivité en son entier.
– Jean-Marc Lefebvre