Que faut-il penser de l’entêtement du gouvernement Charest à aller de l’avant avec la réhabilitation de la centrale nucléaire de Gentilly 2, au coût estimé de 2 G$? Est-ce de la lucidité, de l’aveuglement ou de l’inconscience et un non- sens? Le Québec a-t-il besoin de cette énergie, et si oui, à quel prix? N’y a-t-il pas des alternatives moins risquées et moins coûteuses? Cela sera-t-il une avancée pour la population québécoise? Sinon, à qui cela profitera-t-il vraiment?
À mon sens, le Québec possède tout ce qu’il faut pour devenir un leader mondial en matière d’énergie renouvelable et sécuritaire. Toutefois, aller de l’avant avec des sources énergétiques passéistes comme le nucléaire ne saurait que retarder le dévelopÂpement des énergies renouvelables : éolien, solaire, géothermie, etc. D’une part, la durée de vie productive d’une centrale nucléaire est de tout au plus d’une trenÂtaine d’années, parfois moins. Une telle vue à court terme est inadmissible. Combler les besoins fictifs d’une génération en endettant des centaines de générations à venir est aberrant. En effet, aucune solution viable n’existe pour entreposer de façon sécuritaire les déchets radioactifs produits par une centrale nucléaire.
D’autre part, même si le risque d’accident nucléaire est minime compte tenu des diverses mesures de sécurité d’une centrale CANDU, il n’est pas nul, et si les incidents sont rares, ils sont potentiellement très importants. Ne serait-ce que pour les raisons ici mentionnées, il me semble que le principe de précaution, que le gouvernement Charest ignore superbement, devrait intervenir et nous faire nous abstenir d’aller de l’avant avec la réfection de Gentilly 2. Le nucléaire n’est rien de moins qu’une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.
– Nelson Tardif Artiste en art visuel, auteur, animateur et formateur