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La fin du nucléaire?

Elisabeth Braw - Metro World News

En voyant les événements qui touchent la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, Monica Frassoni s’est affolée comme bien d’autres. Mais elle a aussi été confortée dans ses positions.
Mme Frassoni est la présidente du Parti vert européen. Elle et ses collègues ont longtemps milité pour l’arrêt de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Depuis quelques années, le débat s’était essoufflé. «L’accident au Japon est une bien triste façon de dire que nous avions raison de nous battre, explique-t-elle. Les gens nous disent souvent qu’on est émotifs dans nos discours sur le nucléaire. Mais il s’avère que nos arguments rationnels ont aussi leur place.»

L’Allemagne a déjà annon-cé qu’elle suspendait les activités dans 7 de ses 16 centrales nucléaires. En Italie, un référendum pour lever un moratoire sur le nucléaire semble désormais voué à l’échec. En Suisse, le gouvernement a fait avorter deux projets de construction de centrales. En Chine, des projets ont aussi été abandonnés. L’Inde inspectera toutes ses installations, et la Grande-Bretagne mènera aussi plusieurs tests.  «Le nucléaire n’est pas sécuritaire et n’est pas abordable non plus, avance Mme Frassoni. Construire une centrale coûte extrêmement cher et s’occuper des déchets radioactifs aussi. Les Italiens paient encore 300 millions d’euros par année pour des installations fermés il y a plusieurs années.»

L’industrie du nucléaire entrevoit toutefois l’avenir avec plus d’optimisme. «Le monde continue de tourner, affirme le porte-parole de l’Association mondiale du nu-cléaire, Ian Hore-Lacy. Il n’y aura pas d’effets des radiations au Japon et les autres gouvernements ne changeront pas leurs politiques sur le nucléaire.» La Russie et la Biélorussie semblent de cet avis. Cette semaine, les deux États ont signé un accord pour l’instauration d’une nouvelle centrale en territoire biélorussien. Même chose en Pologne, qui prévoit entrer dans la danse du nucléaire en 2016. «Soyons réalistes, il n’y a pas beaucoup de risques sismiques en Pologne», a déclaré son premier ministre, Donald Tusk.

Sécurité et politique

Métro s’est entretenu avec Branko Terzic, directeur du Deloitte Center for Energy Solutions.

Comment un accident nucléaire influence-t-il l’opinion publique?
Un tiers de la popu­lation est en faveur du nucléaire et un tiers est contre. Le tiers restant se positionne après un accident.

Sur quoi doit-on se concentrer?
Il faut s’attaquer aux vieux réacteurs. Plusieurs pays ont des réacteurs bien plus vieux qu’au Japon et on a tendance à allonger leur durée de vie. C’est moins dispendieux d’agir ainsi que de bâtir un nouveau réacteur. Ça passe mieux sur le plan politique également.

Est-il sensé que des pays ferment des centrales?
Quand un accident nucléaire survient, c’est le pays où la catas­trophe a lieu qui doit payer, et non la compa­gnie. Ça peut être un argument pour inciter les gouvernements à fermer des centrales.

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