Très mauvaise idée de la part du gouvernement libéral et de l’opposition péquiste de vouloir garder des comtés dans les régions ayant deux fois moins d’électeurs. S’il ne s’agit que des budgets de voyage à cause des grandes distances à parcourir, qu’on donne plus de budget et des adjoints aux députés concernés. Mais donner plus de voix au parlement à cause des grands espaces, ça ne convient pas à une saine démocratie. Au contraire, ça crée des comtés à venÂdre au rabais. Des endroits où les millions en subventions ont plus d’impact et que les prétendants au trôÂne essayeront de s’arracher.
Nous avions un bon système où la réforme électorale était confiée à un expert indépendant au lieu de laisser le parti politique au pouvoir se dessiner des comtés qui lui conviennent. L’intervention récente de Jean Charest dans le processus est un recul de la démocratie. Cela a anéanti le travail neutre que Marcel Blanchet avait accompli, avant la démission de ce très bon DGE.
Si les régions qui se vident veulent garder leurs députés et si les principaux partis y sont si sensibles, peut-être devrions-nous réfléchir à évaluer au prorata la valeur des votes des députés selon le nombre de leurs électeurs. La moitié de la moyenne d’électeurs vaudrait ½ vote et ne compterait que pour ½ député dans la formation d’un gouvernement. Voilà comment rétablir la démocratie, alors que le débat actuel risque de la pervertir.
Au Nunavik, on a la majorité de l’espace disponible au Québec. Est-ce qu’on va donner une poignée de députés pour une poignée d’Inuits parce qu’ils sont loin et que leurs besoins sont criants? Et si j’installe ma famille au coeur du Pôle Nord, est-ce que j’aurai un député juste pour moi? Donner du pouvoir politique en fonction de l’espace occupé, avouez que c’est une idée folle… sauf pour de la petite politique.
– Jeannot Vachon, Québec