Ben Laden est mort. L’annonce faite par le président Obama réveille les foules qui envahissent la place publique en délire. Les médias et les leaders de notre univers se relayent en boucle pour entonner le chant victorieux. Je ne suis pas un «ladeneux», loin de là. Mais jamais je ne me réjouirais de sa mort. Son sort ne me préoccupe pas non plus, mais plutôt la manière dont il nous fait réagir.
Se réjouir de la mort, c’est un non-sens et un aveu de bassesse plus que de faiblesse. On ne fête pas la mort, encore moins le fait d’avoir d’avoir donné la mort quand on avait le choix de neutraliser l’ennemi. Nobles, nos forces se doivent d’observer religieusement des égards envers la vie, et le deuil envers la mort, peu imporÂte de qui. C’est ça, être évolué.
La mort de Ben Laden ne peut pas signifier celle du terrorisme. Il convient plutôt de cibler les causes et les nutriments de cette folie. Qu’on en parle et qu’on se parle. Il y a bien des motifs qui expliquent l’impensable. À ce jour, tout semble indiquer que le terrorisme est une arme plus qu’une idéologie. À qui sert-il réelleÂment? Interdit d’y voir clair. Ainsi, on ne voudra pas examiner ouverteÂment ses tenants et ses aboutissants. En admeÂtÂtant que Ben Laden ne soit plus une menace, le président Obama pourrait-il fermer le grand chapitre de la guerre au terrorisme? Je ne suis pas naïf pour m’imaginer que tel serait un souhait des grands de ce monde.
– François Munyabagisha