Fidèle à sa déplorable habitude, le droitiste Éric Duhaime écrit des énormités. Dans sa chronique du Journal de Montréal de mardi, il a relayé le message conservateur de la privatisation de Radio-Canada. Sous quel prétexte? Parce qu’un journaliste a osé évoquer le manque de culture des gens du parti au pouÂvoir. Selon le chroniqueur, «une radio, une télé et un journal privés peuvent bien dire ou écrire pratiÂquement n’importe quoi», mais pas un média public. Où a-t-il été pêché une telle idée? Des réseaux d’État comme la BBC en Grande-Bretagne ou France 2 ne se privent pas de critiquer le gouvernement en place. C’est très sain et salutaire pour la démocratie.
Mais le meilleur est en conclusion de son article : Radio-Canada devrait «voler de ses propres ailes afin d’arrêter de demander à des gens qu’elle méprise de continuer à la faire vivre». Traduction de cette ineptie : Sois en adoration devant ton maître, si tu ne veux pas qu’il te coupe les vivres. M. Duhaime se fait ainsi le petit porte-parole de ses propres maîtres : Stephen Harper, qui veut préparer l’opinion publique à la fermeture de Radio-Canada, et PKP, pour qui le réseau public n’est qu’un concurÂrent embarrassant pour l’empire Quebecor. Servilité, ineptie, malhonnêteté, ou toutes ces réponses?
– Christian Feuillette, Montréal