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La nouvelle culture révolutionnaire

Elisabeth Braw - Metro World News

Il n’y a pas que les manifestations qui permettent de s’exprimer. Au Proche-Orient, les jeunes font également connaître leur mécontentement dans des chansons, des poèmes, des sculptures vidéo et des graffitis. Tour d’horizon de l’art urbain qui a contribué à faire souffler le vent du printemps arabe.

La révolution de la place Tahrir est terminée, mais les graffitis continuent à orner les murs. «Facebook», déclare l’un d’eux; «Twitter», clame un autre. On voit aussi des poings, des drapeaux égyptiens et des dessins humoristiques. «Écrire sur un mur a plus de portée que faire des discours, juge l’artiste cairote Mohamed Alaa. Réaliser un graffiti exige du travail. Cela implique que son auteur est à la fois combattif et très intelligent.»

En Tunisie, en Jordanie et au Liban, les activistes de Facebook diffusent aussi leurs messages politiques sur les murs des villes. Rana Jarbuo, une jeune Saoudienne, est en train de rédiger un livre consacré aux graffitis proche-orientaux.

«C’est à Gaza qu’on trouve les plus intéressants, déclare pour sa part Mia Gröndahl, une photojournaliste suédoise. Cela a commencé dans les années 1980 comme une expression de la résistance face à Israël. Les graffitis étaient politiques, mais également très esthétiques.»

Quand le Hamas a été porté au pouvoir, il a criminalisé les graffitis anti-Hamas. «Mais aujourd’hui, les artistes-graffiteurs sont de retour et peignent de gigantesques fresques murales. Ces Å“uvres évoquent l’isolement dont souffrent les Gazaouïs et leurs espoirs. Ces graffitis ne sont pas comme ceux qu’on trouve en Occident, qui sont plus individualistes. Très élaborés, ils sont le fruit d’un travail collectif réalisé par de jeunes artistes qui veulent que les gens entendent ce qu’ils ont à dire.»

 lus tôt ce printemps, les manifestations en Syrie ont entraîné l’arrestation de 15 graffeurs adolescents. Cependant, la plupart des jeunes préconisent d’autres formes d’expression artistique. «La majorité des protestataires syriens sont dans la vingtaine, rapporte le journaliste syrien Massoud Akko. Ils ont écrit plusieurs chansons sur le mouvement de contestation. Ces chansons, évidemment, ne sont pas diffusées par les médias officiels; on ne les trouve que sur l’internet. Les gens écrivent également des poèmes et réalisent des sculptures vidéo et de courts documentaires avec de la musique.»

Il est encore trop tôt pour savoir si la culture révolutionnaire de la jeunesse aura un effet durable au Proche-Orient. «La propension des jeunes à mêler expression artistique et nouvelles technologies a néanmoins créé de nouveaux réseaux so­ciaux, analyse Marie Korpe, directrice administrative de Freemuse, organisme international qui défend la liberté d’expression des artistes. En considérant cela, je me dis que les élites dirigeantes ne pourront plus jamais oppresser les populations comme auparavant. Nous avons été témoins de l’arrivée d’une vague démocratique dont les effets vont perdurer.»

De son côté, Mohamed Alaa continue à peindre ses graffitis. «Évidemment, les gens dessinent des trucs par-dessus, dit-il. Mais, pour moi, c’est à la fois un art de la rue et une façon d’exprimer mon opinion de manière à être compris.»

Écoutez trois chansons sur la révolte en Syrie :

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=tb-ItvGaVM8&w=480&h=390]

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=MSG8JFej4Ik&w=480&h=390]

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=KF2eQZ7C9kI&w=640&h=390]

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