Quatre minutes, c’est le temps que ça a pris, lundi, pour que je puisse voter. Quatre minutes pour entrer dans le gymnase de ma petite école de quartier, passer aux urnes et en ressortir. Ça n’a pas été plus long que ça et j’ai fièrement pu exercer mon devoir de citoyenne.
À l’entrée de l’école où je votais, il n’y avait pas de gardes armés jusqu’aux dents. L’armée n’avait pas été déployée dans les rues non plus. Je n’ai subi aucune pression, ni sociale, ni d’aucun groupe rebelle ou gouvernemental. Ni moi ni ma famille n’avons reçu de menaces, même si j’avais osé révéler, quelques jours avant les élections, le parti pour lequel j’allais voter.
Les élections canadiennes de 2011 n’auront fait aucun mort, ni aucun prisonnier politique. J’ai eu la chance d’être libre de voter pour qui je voulais, en sachant que les résultats allaient être serrés.
Cependant, ce n’est pas tout le monde qui reconnaît la chance que nous avons. Plus tôt, dans le métro, j’entendais deux jeunes discuter politique : l’un disait à l’autre qu’au Canada, la vraie démocratie n’existe pas. Que les choix qui nous sont proposés ne sont qu’une illusion et ne nous donnent que l’impression que nous pouvons choisir le prochain voleur qui viendra prendre l’argent directement dans nos poches. Il proposait de boycotter les élections.
J’aimerais proposer à ces gens qui dénigrent notre droit fondamental et devoir de citoyen d’aller passer quelque temps en Lybie, en Syrie, au Yémen ou au Soudan (pour ne donner que quelques exemples d’endroits où je les enverrais se promener!), question qu’ils discutent avec la population locale de nos «problèmes en termes de démocratie».
Peut-être qu’après quelques échanÂges avec les «locaux», ils comprendraient la chance que nous avons de pouvoir voter en toute liberté. Et s’ils n’aiment pas les choix de candidats, ils pourraient toujours annuler leur vote: Élections Canada leur enverra quand même une carte de vote la prochaine fois que l’on devra repasser aux urnes.
– Véronique Buisson