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Indignés de tous les pays…

Bastante! As­sez, les petits boulots à la pe­tite semaine, crient-ils en ma­nifestant tous les jours leur ras-le-bol contre un avenir bouché. Depuis le 15 mai, les jeunes Espagnols descendent dans la rue sans violence, sans alcool, sans drogue. Ils se font appeler Los Indignados.

Indignés, ils ont toutes les raisons de l’être. Victimes d’un taux de chômage supérieur à 40 %, ils sont bardés de diplômes dans un pays devenu l’ombre de lui-même. Il n’y a pas si longtemps, l’Espagne était l’Eldorado de l’Europe. Parmi leurs nombreux slogans emblématiques, il y a celui-ci : «Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir!»

Tous les soirs, ils campent sur la Puerta del Sol, la grande place commerciale et touristique de Madrid. «Yes We Camp!» répètent-ils, déterminés, mais sans véritable programme politique. Copié en Grèce, en France et en Italie, leur mouvement, né du jour au lendemain grâce aux réseaux sociaux, pourrait s’étendre à tout le Vieux Continent. Après le «printemps arabe», l’«été européen»? Les comparaisons sont souvent faciles. Il n’y a plus de dictatures en Europe, mais en toile de fond, le message est le même : Indignés de tous les pays, unissez-vous!

Le pouvoir d’indignation n’est pas propre à la jeunesse. Mais voilà, quand un jeune sur cinq en moyenne est au chômage en Europe – continent où la hiérarchie pèse aussi lourd que le poids de ses monuments –, il y a de quoi être indigné et vouloir crier sa colère et celle des 200 à 300 millions de sans-emploi dans le monde, toutes générations confondues.

Les jeunes Européens estiment être victimes des politiques économiques de leurs aînés, ceux-là mêmes qui ont fait Mai 68, et de la mondialisation tous azimuts. Souvent dénigrés, qualifiés d’insouciants et d’apolitiques, ils sont critiqués pour réclamer des droits sans les devoirs qui vont avec. À la moindre manifestation, ils sont aussitôt taxés de révolutionnaires. Pour l’instant, leur mouvement ressemble à une grande fête improvisée sur la place publique.

Peu importe la suite des choses, ils sont déterminés à ne pas baisser la garde et veulent rester en dehors du jeu politique traditionnel. En faire d’une autre manière, peut-être. Comment? Il leur faudra trouver des alliés. Où? Les questions fusent, les solutions tarderont à venir.

En attendant, ils doivent veiller à ne pas être récupérés. Les mouvements spontanés finissent souvent par l’être. C’est une fatalité historique, mais cela ne doit pas empêcher de rêver.

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