Comme chez tous les humains, en chacun d’entre nous le positif et le négatif s’affrontent. Chez les jeunes, nous voyons aussi le meilleur et le pire. Le meilleur, ce sont ces dizaines de milliers de jeunes qui se lèvent pour réclamer un monde meilleur, que ce soit dans les pays arabes, dans les pays européens ou ailleurs dans le monde. Ils veulent avant tout la liberté, la justice sociale, pouvoir travailler et avoir un avenir devant eux.
Ils veulent aussi la fin de l’autoritarisme politique et économique, du matérialisme aveugle et de la corruption. Chez nous, de plus en plus de jeunes s’impliquent pour les droits humains ou l’environÂnement, et font de la politique. Nous assistons à un réveil salutaire de la jeunesse ancrée dans son coin de terre et ouverte sur le monde. Ces jeunes canalisent positivement leur énergie pour changer le monde.
Le pire côté, ce sont, ici et ailleurs, d’autres jeunes qui canalisent mal leur énergie et participent à des émeutes violentes avec comme toile de fond la célébration de la victoire ou de la défaite sportive, comme la semaine dernière à Vancouver. Ce sont aussi des suicides déguisés en accidents sur les routes québécoises, avec en toile de fond l’inconscience, l’alcool et la drogue.
Derrière tous ces phénomènes, une frustration de ne pas être à la hauteur face aux exigences des études ou du monde du travail, dans un univers matérialiste à outrance; mais aussi une faible estime de soi, une difÂfiÂculté devant l’effort, un désespoir de changer le monde et une négation de sa propre vie. Dans ce monde cruel et sans pitié, on est des champions ou des zéros soi-même ou par procuration à travers des vedettes sportives ou artistiques. Pour une minute de «buzz», on sera un grand invincible de la formule 1 avant la perte de contrôle fatale au volant de sa propre vie.
Les jeunes, comme les gens plus vieux, sont à la recherche d’une meilleure vie qui a un sens et une résonance en eux et à l’extérieur d’eux. Certains d’entre eux arrivent mieux à canaliser leur quête de sens et nous indiquent le chemin à suivre. À nous de nous laisser inspirer et de reprendre espoir nous aussi.
– Yves Chartrand