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Sexe, mea-culpa et pardon

«Dieu me pardonne», avait dit Jimmy Carter à Playboy en 1976. Non, le président américain le plus religieux du XXe siècle n’avait aucunement admis avoir feuilleté certaines pages du célèbre magazine.

Son «péché» était tout autre. «J’ai regardé beaucoup de femmes avec concupiscence, j’ai commis bien des fois l’adultère dans mon cœur.» De l’«infidélité virtuelle», dirait-on aujourd’hui.

À l’instar du 39e locataire de la Maison-Blanche, Antho­ny Weiner, n’a pas trompé sa femme. Là s’arrête la comparaison. Le représentant démocrate de l’État de New York a démissionné jeudi après avoir lancé dans le cyberespace des photos de lui torse nu et en sous-vêtement moulant.

Dans l’Amérique puritai­ne, mais première productrice et consommatrice de films pornographiques au monde, c’est assez pour qu’il devienne un «perv» (pervers), au même titre que Domini­que Strauss-Kahn, l’ancien patron du FMI soupçonné d’avoir agressé sexuellement une femme de chambre de l’hôtel new-yorkais où il était descendu.

En moyenne, deux gros scandales sexuels par an éclatent dans le paysage politique américain. Les médias ne lais­sent rien passer et sont désormais solidement secondés par les réseaux sociaux. On est très loin du silence médiatique sur les infidélités de Franklin D. Roosevelt et de John F. Kennedy.

Autre temps, autres mœurs. Aujourd’hui, «ces choses-là» intéressent tous les médias et, quand des photos viennent étayer les prouesses sexuelles d’un hom­me politique, le lynchage est alors garanti. C’est ce qui a vraiment coulé Weiner.

S’il y avait eu des photos quand Bill Clinton recevait en privé sa stagiaire Monica Lewinsky dans le Bureau ovale, sa carrière aurait volé en éclats sur-le-champ. Tant que des clichés explicites ne circulent pas sur la Toile, le pardon n’est jamais très loin.

On ne compte plus, aux États-Unis, le nombre de gou­verneurs, sénateurs et autres législateurs pris en flagrant délit dans des affaires extraconjugales. Après leur mea-culpa, ils finissent tous par être pardonnés. Certains poursuivent tranquillement leur carrière politique, d’autres se recyclent.

Eliot Spitzer est un de ceux-là. Le gouverneur démocrate de l’État de New York avait fait de la lutte contre la prostitution son cheval de bataille tout en fréquentant Ashley, une péripatéticienne de luxe. C’était il y a trois ans. Aujourd’hui, M. Spitzer est la grande vedette d’une émission quotidienne à CNN. Anthony Weiner doit prendre son mal en patience. Un jour, pas si lointain, il sera absous de ses péchés virtuels.

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