Non, il ne s’agit pas d’un bras de fer, mais bien d’un chicken run: au volant de leurs limousines, démocrates et républicains foncent tout droit vers un précipice. Seront déclarés vainqueurs, les derniers à sauter de leur véhicule. C’est à cette épreuve folle que les Américains assistent, imÂpuissants, depuis deux mois. Tout doit se jouer d’ici le 2 août, date à laquelle leur pays sera en cessation de paiement s’il n’y a pas d’accord sur le relèvement du plafond de la dette.
Depuis son arrivée au pouvoir, Barack Obama, qu’on dit à bout de nerfs, a obtenu trois fois du Congrès un tel relèvement, institué en 1917 afin de fixer une limite à ne pas dépasser dans les dépenses gouvernementales. Cette fois, la donne est dif-férente. Les présidentielles approchent à grands pas et les deux camps cherchent à marquer un maximum de points…
avant de s’entendre.
Car, entente il y aura. Après tout, républicains et démocrates ne tiennent pas à plonger le pays et le monde dans une incertitude économique sans nom.Mais avant, les républicains – majoritaires au ConÂgrès – veulent à tout prix des réductions budgétaires de 2 400 G$US. En gros, moins de gouvernement. Leur message est simple: il faut affamer la bête!
Oui, mais où couper? Le refrain est connu. Il remonte aux premiers jours de l’indépendance des États-Unis. Thomas Jefferson et Alexander Hamilton, deux figures historiques, bataillaient déjà ferme, l’un pour davantage de gouvernement dans la vie des quatre millions d’Américains de l’époÂque, l’autre pour moins d’État.
Au-delà de la taille et du rôle du gouvernement fédéral, les républicains font tout pour coincer Obama, pour le détacher de sa base démocrate en le forçant à sabrer dans les programmes sociaux afin de lui donner leur feu vert et ainsi relever le plafond de la dette, établi à 14 294 G$. Un accord sera trouvé à la toute dernière minute, comÂme cela s’est fait une quarantaine de fois depuis 1962.
Cette fois, les républicains veulent monnayer cher leur appui tout en cherchant à discréditer et affaiblir au maximum Barack Obama avant le début de la course présidentielle. Ils risquent cependant gros. L’électorat commence déjà à leur reprocher leur entêtement idéologique. Mais, en réussissant à imposer leurs conditions, les républicains espèrent secrètement voir l’administration démocrate hausser les imÂpôts. Ils pourront alors se porter à la défense du pauvre contribuable criblé de dettes et frappé par un taux de chômage frisant les 10 %. Dans toute cette affaire, Barack Obama danse avec les loups.