C’est l’été, il fait beau et chaud, on profite des terrasses… Samedi midi, sangria avec une amie, je me fais piquer par une guêpe. Bon, ça fait mal, mais rien de bien extraordinaire. Je me rends à la pharmacie la plus proche. La sympathique et attentive pharmacienne me suggère le Benadryl et des comÂpresses froides.
Dimanche matin, l’enflure a augmenté, et mon doigt est très rouge… j’appelle Info-Santé; on me demande si je fais de la fièvre. Réponse : Non… Alors, pas d’inquiétude, monsieur, ça va passer.
Lundi matin, mon doigt vire au bleu. Je me rends à la clinique sans rendez-vous la plus proche. Le médecin suggère le Benadryl, je lui réponds que j’en ai pris, sans résultat. Il me fait un papier et me dit de me rendre à l’urgence. Entre-temps, une amie pharmacienne (elle aussi sympathique et attentive) me dit que ça me prendrait de la cortisone. Arrivé à l’hôpital, je passe au triage. Code rouge. L’infirmière épuisée prend ma tempéraÂture. Je ne fais pas de fièvre : je tombe à code vert. Il est 12 h 15… J’attends… J’observe les gens qui arrivent, certains pour des maux de tête, d’autres avec des bébés qui ont besoin de voir un médecin plus rapidement que moi. Pendant ce temps, les infirmiers courent d’un côté et de l’autre, passent de l’accueil au triage, d’une porte à l’autre.
Des parents qui se tannent, le bébé est fatigué, elle a mal, la pauvre puce… Les parents décident de quitter après cinq ou six heures d’attente.
Je reste, je demeure optimiste… On m’appelle à 1 h 45… 13 heures et demie plus tard! Un médecin blasé et épuisé passe environ 45 secondes avec moi, regarde à peine mon doigt, me prescrit de la cortisone.
La pharmacienne au coin de chez moi aurait pu faire le même constat, avec un sourire et avec attenÂtion. Je n’aurais pas été à l’urgence, les parents avec le bébé auraient sans doute passé un peu plus vite, et la pauvre petite aurait eu ce dont elle avait besoin pour moins souffrir…
– Patrick Labelle, Montréal