M. le premier ministre,
Lors de vos quelques heures en Colombie la semaine dernière, vous avez prononcé des paroles inacceptables et offensanÂtes en ce qui concerne les défenseurs des droits de l’Homme : «Nous ne pouÂvons bloquer la progresÂsion d’un pays comme celui-ci pour des raisons qui relèvent du protectionnisme, et utiliser les droits de l’Homme comme couverture pour le faire.»
La dénonciation des abus commis contre les droits de l’Homme ne constitue en aucune façon un geste de protectionÂnisme.
De toute évidence, le but de votre visite n’est que d’ouvrir les portes aux entreprises canadiennes qui, pour une bonne partie, ne font que saccager le pays, profiter des redevances minimes et surtout rapporter dans leurs coffres des dollars qui sauront satisfaire les investisseurs. Les personnes et les communautés affectées comptent peu dans ce système de «libre» échange. Échanges commerciaux, oui. Libre échange, non.
Soyez assuré, M. le premier ministre, que nous suivons de près cette situation que vous voulez étendre encore plus sur le continent latino comme ailleurs dans le monde. C’est une honte pour le Canada et pour la plupart des Canadiens, qui croient que l’économie doit être au service des personnes, de toutes les personnes, et non l’inverse.
– Constance Vaudrin, Montréal