Nombreux sont ceux qui se sont indignés, à juste titre, de la nomination d’Angelo Persichilli au poste de directeur des communications du premier ministre Harper. Or, Harper est aussi anti-Québec que l’est Persichilli, comme en fait foi une lettre qu’il avait lui-même envoyée au Calgary Sun le 6 mai 2001, dans laquelle il s’en prenait de façon incisive et intranÂsigeante au Québec, aux Québécois et au bilinguisme. Entre autres, il y dénonçait la supposée «discrimination contre les anglophones» ayant cours chez nous. Est-ce que Harper a changé? Bien sûr que non! Quand on est dans la quarantaine, nos idées sont généraleÂment assez immuables et imÂÂperméables. Ce qui peut touteÂfois changer, c’est l’expression de celles-ci, au gré des circonstances. Or, un premier ministre ne peut se permettre d’émettre publiquement toutes ses opinions personnelles sur une province, surtout quand il y convoite des sièges. Et comme chacun sait, sur le plan éconoÂmiÂque, Harper n’a jamais fait de cadeau au Québec, loin de là. Puis, si tant est qu’il ait changé, ce dont je doute éminemment, il n’hésitera pas à refuser l’accession de Persichilli à ce poste pour lequel, soit dit en passant, le bilinguisme devrait être un passage obligé.
– Paul-André Allard