À 77 ans, Susan George sait qu’elle ne verra pas le résultat de tous ses efÂÂforts. «Mais je sais, dit-elle, que la seule façon pour moi de vivre honorableÂment, c’est d’essayer d’aiÂder à changer les choÂses.» Ces choses, ce sont les criÂses financières, sociales et environnementales dans lesÂquelles nous sommes plongés. Elle a écrit sur la mondialisation libérale, la faim et la dette du tiers-monde, pourtant elle déÂsiÂgne comme première solution une conversion verte.
Les Canadiens ont une responsabilité particulière dans ce dossier. En effet, selon le climatologue James E. Hansen, si les sables bitumineux continuent d’être exploités, ce sera «la fin de la partie».
Mme George aurait pu souligner une autre aberration imminente. Le 19 août dernier, le ministre de l’Environnement Peter Kent a annoncé un projet de règlement sur les centrales au charbon visant à restreindre les émissions de polÂluants. Le hic, c’est que cette réglementation ne s’appliquerait pas aux
centrales en opération avant le 31 juin 2015. Or, la compagnie Maxim Power s’empresse de construire une nouvelle centrale au charbon en Alberta avant cette date fatidique. Ses émissions annuelles seront équivalentes à un ajout de 600 000 véhicules sur nos routes pendant 45 ans.
Il reste moins de 60 jours avant que le projet de règlement soit finalisé. Il ne doit pas l’être sans un moratoire sur la construction de centrales au charbon polluantes.
– Pamela Walden-Landry