Je souhaite apporter ma contribution à la lettre de Laïla Maalouf parue dans Métro vendredi dernier. J’ai fait du vélo mon moyen de transport privilégié, j’ai roulé durant six années dans une ville où les conducteurs sont réputés, à juste titre, comÂ-me étant agressifs et ne respectant par le Code de la route. Pourtant, je tenais ma place au milieu de ma voie (loin des portes de voitures garées), à vitesse égale avec les voitures, et j’évitais même les pistes cyclables ou les piétons étaient trop présents, et je ne me suis fait peur que deux fois, dont une où il en allait de ma responsabilité. À Montréal, j’ai eu le plaisir de découÂvrir des automoÂbilisÂtes calmes, détendus et capables de respecter les feux, jusqu’à ce que je prenne mon vélo et me rende compte que, s’ils sont si détendus, c’est qu’ils sont inconscients du reste du monde!
Sur un simple trajet de deux heures, j’ai failli me faire rouler dessus par une voiture qui tournait et qui ne m’avait pas vu, renverser deux fois par des gens qui doublaient trop vite, trop près, puis, réduit à coller à droite à vitesse lente, on m’a ouvert la porte à la figure par trois fois. Rouler à Montréal est tout simplement un calvaire et une peur de tous les instants, que je n’avais jamais connue jusque-là.
Comme je comprends la jeune fille dont Jérôme parlait hier dans cette page et qui ne roule que sur le trottoir! Je ne peux néanmoins que saluer la décision d’interdire la formation à la conduite hors d’un centre agréé, la génération actuelle (la mienne!) est dangereuse t perdue, la suivante sera peut-être correctement formée. On ne peut qu’espérer que les gouvernements imposent à tous les conducteurs une prise de 10 heuÂres de conduite dans ces institutions, juste pour les bases : apprendre à tourner, découvrir l’angle mort, s’arrêter et non ralentir au stop, utiliser le clignotant… Mais ne rêvons pas.
– Marc, Montréal