Un argument fallacieux

On apprenait cette semaine que 41% des profits des entreprises mi­niè­res prennent la route d’Ottawa et de Québec sous la forme d’impôts et de redevances. Or, amalgamer de telle façon redevances et impôts est un étrange exercice qui ne sert qu’à redorer l’image des minières. Plutôt que d’être adossées aux profits (soit les revenus moins les dépenses), les redevan­ces devraient être comptabilisées dans la colonne des dépenses comme un coût de production.

Si par exemple une compagnie de jeux vidéo comparait les salaires de ses créateurs (un de ses coûts de production principaux) à ses profits, il y a de bonnes chances pour le chiffre soit supérieur à 100%, sans pour autant empêcher cette compagnie de faire des profits. Les ressources natu­rel­les à leur état brut appartiennent à l’ensemble de la société québécoise, il est donc normal que les entreprises qui exploitent et transforment ces res­sources non renouvelables paient leur consommation, tout comme le manufacturier de vêtements paie son tissu. Cela n’a rien à voir avec l’impôt que paient (en théorie) toutes les sociétés.

– Julien Surprenant-Legault, Montréal

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