Depuis quelques années, le Parti libéral et Jean Charest refusent d’admettre l’imporÂtance de la collusion dans le secteur de la construcÂtion et du lien avec le financement des partis politiques. L’argument dit et redit presque quotidiennement est que les reportages des journalistes ne mettent de l’avant que des allégations. Maintenant que le rapport de l’Unité anticollusion est connu, le message des libéraux reste le même.
Tous les militants du Parti libéral doivent réfléchir à leur engagement. Maintenir leur appui à leur parti sans lutter pour changer sa position politique est une complicité dans les faits. J’en appelle particulièrement à mes amis libéraux. Nous ne sommes pas en accord sur l’avenir du Québec. Mais je sais que vous êtes droits, honnêtes et éthiques. Vous ne pouvez donc pas rester les bras croisés devant les faits dénoncés par l’Unité anticollusion. Vous devez agir et pas seulement réagir.
Je vous suggère deux options. La première est de changer de direction de parti (pas seulement votre chef, mais aussi son entourage et son fonctionÂneÂment – tout système est plus grand que ses acteurs), puis de déclencher une commission d’enquête publique. Même si, dans un revirement incroyable, Jean Charest mettait sur pied une telle enquête, il ne serait pas cru. Vous devez donc changer votre représentant devant le peuple québécois avant de pouvoir agir réellement pour comprendre l’étendue du problème, puis le régler.
La deuxième option est de quitter, en disant clairement à vos collègues militants les raisons de votre départ. Vous devez suivre vos principes, vos idéaux, et je sais que ceux-ci ne sont pas l’ouverture de l’État au crime organisé. La décision peut certainement être difficile, j’en ai pris une du même genre récemÂment, mais le respect de vous-mêmes et de votre honnêteté doit primer.
Toute autre option revient à consentir à la normalité des appels d’offres truqués, du financeÂment politique par le monde interlope et de l’argent lancé par les fenêtres aux criminels de haut rang. L’inaction est une prise de position. L’indifférence est un appui à la collusion. La pensée partisane est une abdication de notre pouvoir collectif.
– Alexis Gagné-LeBrun, Saint-Hyacinthe