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Le prétexte malien et la militarisation de l’Afrique

La crise malienne pourrait connaître une issue plus rapide que prévue, si l’on se fie au rythme des avancées des troupes franco-maliennes qui ont repris entre autres la ville symbole de Tombouctou. Si la guerre peut être relativement expéditive, elle aura ouvert cependant la voie à une militarisation de la présence occidentale dans la région depuis la grande époque des indépendances.

Tout porte à croire que la France va s’installer pour un petit bout dans la zone, même si les intentions ne sont pas clairement avouées, alors que les États-Unis pensent établir une nouvelle base militaire en Afrique du Nord.

Évidemment, la crise actuelle au Mali sert de justificatif. Les États-Unis espèrent ainsi apporter un soutien aux opérations françaises en terme de surveillance. Bien qu’il y ait une certaine résistance au sein de la Maison-Blanche à envoyer des troupes additionnelles pour combattre une menace qui n’est que très mal comprise, la nouvelle base témoigne de l’importance que revêt l’Afrique dans la guerre contre le terrorisme.

Pour le moment, les États-Unis n’y ont qu’une présence limitée, avec une seule base permanente à Djibouti, situé à près de 3000 «miles» du Mali. Les nouveaux drones américains répondraient à un besoin criant d’information sur les nouvelles menaces dans la région, dont les militants au Mali et le flot continu de combattants et d’armes en provenance de la Libye.

Si on choisit d’aller de l’avant avec cette nouvelle base militaire, celle-ci sera probablement installée au Niger, qui avoisine le Mali a l’est. On a également évoqué la possibilité d’une base militaire au Burkina Faso.

Certains spécialistes de l’Afrique ont dit craindre que l’installation d’une base de lancement de drones (même sil ne s’agit que de drones de surveillance) au Niger ne ravivent les colères contre les Américains qui multiplient les attaques mortelles en utilisant des drones au Pakistan, en Somalie et au Yémen.

Malgré tout, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a fait part de son intention d’établir une relation stratégique de longue durée avec les États unis, affirmant que le Niger n’était pas à l’abri de ce qui se passait au Mali.

La situation au Mali est l’épicentre d’une crise plus régionale qui englobe une série d’états en faillite. Le bruit des bottes ne fera peut-être qu’empirer la situation.

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