On ne peut éliminer le déficit public par la seule augmentation de l’impôt des plus fortuÂnés. C’est la conclusion à laquelle arrive la plus récente publication de l’Institut économique de Montréal (IEDM), rédigée par son PDG, Michel Kelly-Gagnon. Les riches feraient d’ailleurs leur part, puisqu’ils paient 12 % des impôts alors qu’ils ne représentent que 0,5 % de la population, ajoute la note économique.
Un des points centraux du document de l’IEDM est la comparaison entre le poids démographique et le poids fiscal. Les riches sont très peu nombreux, mais ils paient beaucoup d’impôts. Dans une société de plus en plus inégalitaire (comme le rappelait l’OCDE il y a quelÂques jours), ce n’est pas très surprenant.
Si les plus riches paient plus d’impôts, ce n’est pas à cause de leur nombre, mais bien à cause de leurs revenus. Si M. Kelly-Gagnon trouve cela problématique, il devrait plutôt s’attaquer à la distribution inégalitaire des ressources dans notre société. Tant que cette situation durera, il est évident que ceux qui sont peu nombreux et ont plus de ressources contribueÂront davantage.
Mais contribuent-ils tant que ça? Regardons les statistiques fiscales du gouvernement du Québec (oublions l’espace d’un instant le fédéral pour éviter d’allonger inutilement la démonstration). Les 29 000 personnes qui faisaient plus de 250 000 $ par année en 2008 enregisÂtraient des revenus moyens de 477 000 $. Sur ces revenus, ils payaient un taux d’imposition effectif de 15,3 % sur le revenu quéÂ-bécois (incluant les cotisaÂtions, les crédits d’impôt et autres). Le million de conÂtribuables dont les revenus se situaient entre 50 000 $ et 100 000 $ et qui gaÂgnaient un revenu moyen de 67 000 $ se voyaient fixer un taux d’imposition effectif de 12,1 %.
Donc, alors qu’ils font sept fois leur revenu, les plus fortunés versent seulement trois points d’imposition de plus à Québec que la «haute classe moyenne». L’apparition d’un nouveau palier d’imposition pourÂrait faire grimper cet écart de quelques points. Supposons qu’il atteigne 18 % : Québec laisserait le fortuné moyen avec 396 000 $ de revenu disponible. Heureusement, l’IEDM est là pour empêcher un tel désastre d’advenir.
– Simon Tremblay-Pepin, Chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS)