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Arrêtez de blâmer les chauffeurs!

Je suis chauffeure d’autobus pour la STM depuis bientôt 12 ans. Quelle n’a pas été ma surprise hier matin lorsque j’ai entendu l’annonceur des nouvelles dire, et je cite : «Faites attention aux chauffeurs d’autobus de la STM!» Mais qu’est-ce que c’est que cette remarque? Déjà que les usagers ne nous portent pas dans leur cœur!

L’accident mortel de samedi est très triste. Le chauffeur travaille au même garage que moi. Je n’aimerais vraiment pas être à sa place.

Je n’ai jamais frappé personne avec mon autobus. J’ai d’ailleurs plusieurs certificats de «Prudence au volant» à mon actif. Si vous saviez combien de fois par jour nous devons éviter des accidents, qui sont causés par des automobilistes et surtout par les usagers du transport en commun! Voici quelques exemples.

Sur un coin de rue, je débarque des gens. Une oiture derrière moi perd patience et me coupe pour tourner à droite. Cela arrive plusieurs fois par semaine! Même un policier m’a déjà fait le coup! Pas fort!

Au cours de mon appro­che à un arrêt de service, une file de gens attendent, mais quelques-uns ont le bout des souliers qui dépas­se du trottoir et risquent de recevoir un miroir directement dans le front!

Je termine mon embarquement, ma lumière est verte. Je me prépare à re­partir quand, tout à coup, un usager se précipite devant moi pour embar­quer! Le pire est que le service de cette ligne est aux 10 minutes!

Lorsque je quitte mon arrêt, j’enclenche les clignotants de gauche pour avertir ceux qui sont derrière. Combien de fois les voitures accélèrent juste pour ne pas me laisser passer! Pourtant, j’ai priorité!

Je pourrais vous en trouver d’autres, mais la liste serait longue. Alors S.V.P., arrêtez de blâmer les chauffeurs! Notre travail est très difficile, notre concen­tra­tion est mise à l’épreuve tout le long de la journée! Sans compter qu’il faut très souvent «dealer» avec des usagers  mécontents…

Pour ce qui est de l’accident regrettable de samedi, peut-être que les parents de l’enfant ont manqué de vigilance? Un enfant de cinq ans, ça court partout!   

– Johanne Cormier, Centre de transport Anjou

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