lang="fr-FR" > «La Serbie mérite sa place» affirme le ministre serbe des affaires étrangères

«La Serbie mérite sa place» affirme le ministre serbe des affaires étrangères

Vuk Jeremic est un fan de tennis. Il parle anglais avec un accent américain, porte des habits élégants et vous salue avec une poignée de main bien sentie. Le ministre des Affaires étrangères de la Serbie est en poste depuis déjà cinq ans. Son défi? Convaincre l’Europe que la Serbie mérite une place dans l’Union européenne.

Plus tôt cette année, la Serbie a arrêté le criminel de guerre Radko Mladic, ce que plusieurs ont décrit comme une opération pour séduire l’Union européenne. Mais à son prochain sommet, vendredi, l’UE n’invitera pas la Serbie à poursuivre les discussions en vue d’une éventuelle accession. Métro s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères du pays, Vuk Jeremic.


La Croatie va rejoindre l’Union européenne, mais la Serbie ne sera même pas invitée à poursuivre les négociations d’adhésion. Êtes-vous déçu?

La Croatie a amorcé les démarches bien avant la Serbie. La question est la suivante : l’expansion de l’UE se poursuivra-t-elle? Il serait bien que la fin des pourparlers avec la Croatie coïncide avec le début des discussions avec la Serbie. Surtout que nous remplissons tous les critères d’admission de l’UE.


Est-ce que le rejet de l’UE vous a surpris?

Pas vraiment. Il existe une attitude assez conservatrice au sein de l’UE quand vient le temps de parler d’élargissement. Et la Serbie devra attendre encore quelques années avant d’obtenir son laissez-passer. Nous devons réaliser des réformes pour nous assurer que nous respectons les standards de l’UE. C’est dans l’intérêt de la Serbie, mais aussi dans l’intérêt de tous que les Balkans occidentaux soient en harmonie avec l’UE. Ainsi, quand un pays obtient son adhésion, la transition se fait plus facilement.   


Est-ce que la Serbie a arrêté Radko Mladic en vain?

Non. Nous ne l’avons pas fait pour améliorer nos relations avec l’UE. Nous l’avons fait parce que c’était la chose à faire. C’est comme avec le Kosovo. Les gens nous disent : «Si vous réglez le problème du Kosovo, vous améliorerez vos chances d’adhérer à l’UE. Mais ce n’est pas le cas. Pour accéder à l’UE, il faut remplir certains critères et non régler des questions politiques.


Considérant la situation actuelle de l’UE, est-ce encore intéressant d’en faire partie?

L’UE est le plus grand projet de paix de l’histoire. On ne pourrait imaginer une guerre entre deux pays membres. À l’époque, il y avait aussi un enjeu économique majeur. Dans le meilleur des mondes, un pays fait mieux éco­nomique­ment en joignant l’UE. Évidemment, ce n’est pas le cas à l’heure actuelle. Mais je crois que la situation économique de l’UE va s’améliorer dans le futur. La question écono­mique n’est pas notre intérêt principal pour joindre l’UE.


Pourquoi l’UE devrait-elle inviter la Serbie à joindre ses rangs?

Tous les pays d’Europe ont le droit de faire partie d’une Europe unifiée. Il n’y a aucune raison de tracer des frontières européennes qui ne coïncident pas avec les frontières géographi­ques, culturelles et historiques. Pourquoi les autres pays pourraient joindre l’UE et pas la Serbie?


Vous êtes l’un des plus jeunes ministres des Affaires étrangères en Europe. Vous arrive-t-il de ne pas être pris au sérieux?

Au début, il y avait un élément de surprise et c’était parfois bizarre. Mais comme certains étaient surpris, ils avaient davantage tendance à écouter ce que j’avais à dire. Aujourd’hui, mes collègues me connaissent, l’élément de surprise est passé.


Plusieurs Serbes ont quitté le pays pendant la guerre des Balkans. Souhaitez-vous qu’ils rentrent au bercail?

J’ai moi-même quitté la Serbie pendant 12 ans avant d’y revenir. Bien sûr, je souhaite que le plus de Serbes possible revien­nent. J’essaie de servir d’exemple, surtout auprès des jeunes.

Nom : Vuk Jeremic

Âge : 36 ans

Jeunesse : Il vient d’une famille politique serbo-bosniaque puissante. Il a terminé ses études secondaires à Londres. Il a obtenu un baccalauréat en physique à l’Université Cambridge et une maîtrise en administration à Harvard.

Carrière : Il a été conseiller du président Boris Tadic. Il est ministre des Affaires étrangères depuis mai 2007.

Passion : Tennis. Jeremic est président de l’Association professionnelle de tennis de la Serbie. «Le tennis est devenu un des outils les plus puissants de la di­plomatie serbe. Le gouvernement doit donc soutenir le sport. Pour nous, un des meilleurs moyens de présenter notre pays est le tennis.»

Articles récents du même sujet

Exit mobile version