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Le printemps arabe, un an plus tard

Elisabeth Braw - Metro World News

Mohamed Alaa, un artiste de 27 ans du Caire, en Égypte, est frustré. Plus tôt cette année, il était l’un des nombreux manifestants sur la place Tahrir qui ont forcé le président Hosni Moubarak à démissionner. «C’était plutôt facile de chasser Moubarak, dit-il. Il était la fumée, mais le feu, le Conseil suprême des for­ces armées, brûle toujours. Si nous voulons un pays meilleur, nous devons nous attaquer au Conseil.»

Il y a un an, l’Égypte sans Moubarak semblait impensable. «Les spécialistes du Moyen-Orient prédisaient une révolte depuis 10 ou mê­me 15 ans, note Nadim Shehadi, analyste au laboratoire d’idées Chatham House. La mort de Saddam Hussein a réveillé des gens. Et tandis que les profits liés au pétrole augmentaient sans cesse, le fossé entre les riches et les pauvres se creusait. Malgré tout cela, le printemps arabe a pris tout le monde par surprise.»

Mohamed Bouazizi, un vendeur de fruits tunisien, s’est immolé le 17 décembre 2010, après des années de harcèlement de la part des autorités. À la suite de cet événement, des milliers de Tunisiens frustrés ont commencé à marcher en protestation contre le régime autoritaire en place. Un an plus tard, le gou­vernement de Zine el-Abidine Ben Ali était remplacé après des élections libres.

L’Égypte aussi a connu des élections démocratiques cette année. Dans les deux pays, les partis islamistes sont sortis vainqueurs, mê­me si le Conseil suprême des forces armées demeure fort en Égypte.

«De 30 à 40 % des voix en Tunisie et en Égypte sont allées aux islamistes et nous croyons que cette tendance se maintiendra, avance David Hartwell, un spécialiste du Moyen-Orient à la firme IHS Global Insight. Nous ne saurons pas à quel point ces islamistes sont radicaux tant que les nouvelles constitutions ne se­ront pas écrites.»

Une des raisons qui expliquent pourquoi des dictateurs sont parvenus à s’accrocher au pouvoir aussi longtemps est que ces politiciens se sont présentés longtemps comme des rem­parts à l’islamisme. «Le monde extérieur était terrifié à l’idée que ces pays soient pris d’assaut par les islamistes, mais maintenant que la chose s’est concrétisée, les inquiétudes semblent s’être estompées, explique M. Shehadi. Mais nous ne sommes qu’au début d’une longue période de transition.»

Malgré des élections chaotiques dans son pays et le fait que le Conseil su­prême des forces armées soit encore présent, Mohamed Alaa est optimiste. Ses amis et lui continuent de protester et il a récemment lancé un webzine pour les artistes. «Nous poursuivons ce que nous avons commencé», conclut-il.

Comment votre vie a-t-elle changé dans la dernière année?


Les visages politiques, un an plus tard

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