Ce 31 déÂcemÂbre à 22 h, le cœur toujours habillé d’indignation, de rêves et d’espoir, je me suis joint aux indignés à la place Émilie-Gamelin pour une marche silenÂcieuse aux chandelles sur Sainte-Catherine. On était 36 au départ à marcher avec la banderole «Occupons», nos pancartes et nos gros macarons. Il y avait plein de monde, des jeunes, des jeunes, et encore des jeunes. Des centaines en file au coin de Saint-Denis attendant d’entrer dans un grand club nous saluaient, et on leur souhaitait la bonne année. Des autos klaxonnaient. Vraiment spécial avec toutes ces lumières des Fêtes. Il faisait doux. On s’est arrêtés au square Phillips. En grand cercle, chandelles alluÂmées, on a partagé fort nos vœux pour la nouvelle année.
Je pensais à l’histoire insensée du Titanic. Les dirigeants du monde acÂtuel, esclaves de l’argent, nous mentent, nous appauvrissent, nous méprisent et nous mènent à la catastroÂphe. Dans la grande salle de bal du paquebot, les riches, insouciants, fêtaient et se couvraient de luxe, sans se soucier des autres passaÂgers entassés aux «étages inférieurs»; alors qu’ils filaient droit sur un iceberg, désormais un iceberg écologique et social planétaire. Les ouvriers de la salle
des machines seront les premières victimes. Mais aujourd’hui, le canot de sauvetage, c’est la planète.
Il y a plein de monde sur le pont qui voit venir l’iceberg et sonne l’alarme : des mouvements écologiÂques aux associations de scientiÂfiÂques, en passant par des artistes, des économistes, des cinéastes, des sages, des prophètes, les indignés et autres citoyens allumés. On n’en sortira pas, à moins d’un changement radical en profondeur de nos rapports entre nous et avec notre Terre. Ça presse!
– Gérard Laverdure, Montréal