Pauline Marois fait fausse route en parlant d’opportunisme dans le cas du transfuge François Rebello. C’est de notoriété publique que M. Rebello est proche de François Legault depuis bien des années.
Par contre, François Rebello fait à mon avis le choix du passé…
Son communiqué parle d’économie verte (et probablement qu’il y croit), mais les notions de respect de notre environnement et de développement durable sont désespérément absentes de la plate-forme Legault.
M. Legault présente depuis le début une vision dépassée du développement économique : la vision traditionnelle du siècle passé, qui nous mène droit vers le mur.
Sur l’avenir du Québec dans le Canada, le Québec a besoin de leadership, pas de suiveux qui se laissent porter par la vague ambiante de torpeur et d’indifférence. Cela, malgré que nous voyons de façon toujours plus évidente notre langue et nos valeurs se faire tasser dans les cercles d’influence (vérificateur général, juges de la Cour suprême, registre des armes, protocole de Kyoto, Commission des valeurs mobilières, multiplication des «Don Cherry», etc.) et même au cœur de nos propres institutions (Caisse de dépôt, Banque Nationale et, maintenant, le Canadien).
Pire, ce recul généralisé sera bientôt verrouillé par la diminution de la représentation québécoise à la Chambre des communes!
M. Rebello est-il, lui aussi, atteint par cette vision réductrice selon laquelle ce serait rendu ringard d’être fier de notre langue et d’exiger son respect? Et qu’il est temps de rentrer dans le rang «canadian» et d’arrêter de les faire chier avec notre langue, notre culture et nos valeurs distinctes?
M. Rebello sait bien que nous avons besoin de tous nos outils et leviers de développement pour recommencer à grandir, à nous assumer et, dans un monde de plus en plus international, pour parler et négocier pour nous-mêmes avec le reste de la planète (et cesser d’avoir honte des agissements du Canada, qui n’ont rien à voir avec nous).
Malgré tout ça, les Québécois se laisseraient endormir par le «Bourassa nouveau» qu’est François Legault…
Après 40 ans à se faire dire «non» et «no» de toutes les manières possibles par les «Canadians» à nos demandes d’accommodements pourtant des plus
raisonnables, nous en sommes encore à rêver au «Québec fort dans un Canada uni», comme ironisait si bien Yvon Deschamps…
Allo le changement!
– Jean Benoit, Montréal