Le Canadien de Montréal est une cible facile cette saison, d’autant plus qu’il est responsable des problèmes qu’il éprouve. Même si la plupart des critiques à l’endroit du Tricolore sont justes et méritées, il y en a un bon nombre qu’on doit mettre en perspective.
Premier exemple : durant le match de samedi contre les Maple Leafs, l’analyste de Hockey Night in Canada Glenn Healy, dont les opinions sont souvent réfléchies, a indiqué que tout ce que le Tricolore avait réussi à récolter au repêchage de 2004 était Mikhail Grabovski, Alexei Emelin et Mark Streit. Cela constitue-t-il une tache au dossier de l’équipe de recrutement montréalaise? Si vous réussissez à mettre la main sur trois joueurs fiables de la LNH – n’oublions pas que le Tricolore a aussi choisi le solide joueur de soutien Kyle Chipchura en 2004 –, c’est que vous faites du bon travail.
En fait, beaucoup d’équipes aimeraient avoir un aussi «mauvais» dossier que celui du Canadien au cours des dernières années. Est-ce qu’un repêchage au cours duquel une équipe choisit Carey Price, Guillaume Latendresse, Matt D’Agostini et Sergei Kostitsyn (2005) est décevant? Est-ce qu’une séance de sélection où une formation repêche Ryan McDonagh, Max Pacioretty et P.K. Subban avec ses trois premiers choix (2007) est un échec?
Deuxième exemple : la légende et ancien directeur général du Canadien Serge Savard, a accusé le CH dans les pages de The Gazette de se contenter du minimum dernièrement. Savard a affirmé qu’à son époque, le seul objectif était la Coupe Stanley. «Maintenant, c’est faire les séries, seulement les séries, a-t-il dit. L’important, au hockey, est de gagner.»
Savard s’y connaît en matière de Coupe Stanley. Il en a remporté huit en tant que joueur et est un des quatre hommes, avec Bob Gainey, Milt Schmidt et Jack Adams, à avoir gagné un championnat comme joueur et comme DG.
Mais encore une fois, mettons les choses en perspective. Savard a remporté ses deux premières Coupes comme joueur dans une ligue qui comptait 12 formations et où la moitié d’entre elles étaient des équipes d’expansion. De plus, le Canadien avait encore la mainmise sur les joueurs du Québec. Ses deux coupes suivantes furent gagnées dans une ligue qui était passée de 14 à 16 équipes, ce qui est encore environ la moitié du nombre d’organisations qu’il y a en ce moment dans la ligue.
Savard a aussi soulevé quatre Coupes de 1976 à 1979. À cette époque, la ligue n’a jamais compté plus de 18 équipes et le bassin de joueurs était dilué à cause de la compétition de l’Association mondiale de hockey. Comparer ces moments de gloire avec la situation actuelle – 30 équipes et un plafond salarial – n’est pas très juste.
Soyons honnête, Savard a remporté ses deux titres en tant que DG d’abord et avant tout grâce au travail spectaculaire de Patrick Roy. En 1986, le Canadien a fini septième au classement général et, en 1993, sixième. L’équipe a aussi profité de l’élimination-surprise de plusieurs favoris.