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Radio-Canada: un nivellement par le bas?

Bien que déplorables et fortement inquiétantes, les prochaines coupures à Radio-Canada auront le mérite de nous éclairer sur les aspirations mandatoires du téléfusseur public. À cet effet, les choix déchirants en matière de programmation télévisuelle auxquels il sera confronté seront plus que révélateurs. Il sera intéressant de voir quel sort sera réservé à des émissions d’une douce médiocrité comme Les enfants de la télé, Privé de sens, 30 vies, Trauma et L’auberge du chien noir. De l’autre côté, qu’adviendra-t-il des émissions d’affaires publiques comme Découverte, Enquête, 24 heures sur Terre, Second regard et La semaine verte? Ces dernières subiront-elles davantage de pertes? On a beau cracher avec vigueur sur Radio-Canada à grands coups de «madamisation» et «d’offre inégale», il demeure qu’elle finance toujours son lot d’émissions tout à fait recommandables. Qui d’autre sinon la société d’État pourrait bien produire une émission de la trempe de Second regard par exemple, qui se fait un devoir chaque dimanche de réfléchir à la quête du sens, la spiritualité et l’éthique? Ce ne sont assurément pas les «téléfusseurs» privés qui y veilleront. 

Face aux compressions budgétaires de 10 %, le risque que les programmes de qualité soient amputés au profit de contenus plus faciles se dessine. Déjà en 2009, faisant écho à la société d’État qui était menacée par les premières coupures conservatrices, des personnalités s’écriaient dans une lettre ouverte qu’«à travers elle, c’est l’épanouissement culturel et le droit à une information de qualité qui sont attaqués».

En 2012, leur message est d’autant plus d’actualité. Et même si les premières coupures de 20 % ont été évitées (merci au ministre du Patrimoine, James Moore, d’avoir ramené à la raison ses collègues (et encore)), rien n’augure pour le mieux et la fameuse fin du monde pourrait bien se réaliser, non pas dans la chute de Radio-Canada, mais plutôt dans son préoccupant nivellement par le bas.

– Étienne Boudou-Laforce, Québec

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