Tout indique que le choix de Monsieur Lazhar pour représenter le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère est tout à fait approprié. Le film est pertinent de par ses pistes de réflexion (sur le deuil, le milieu de l’éducation, l’immigration, notre rapport à l’autre), son «fond idéologique» empreint d’humanisme et ses accents pédagogiques. Ceux-ci, et ce n’est pas un hasard, sont merveilleusement en phase avec les préférences de l’Académie en matière de films étrangers.
Sorte de tribune politique, l’Oscar du meilleur film étranger est l’occasion pour les académiciens de montrer leur sensibilité à l’égard des aspirations sociales, morales et politiques de films venant d’ailleurs. Une façon d’être tourné vers les autres cultures en quelque sorte. D’ailleurs, Une séparation, le film qui risque de l’emporter cette année, qui tient à la fois de la chronique sociologique et politique dans l’Iran d’aujourd’hui, promet assurément de flatter la bonne conscience humanitaire des académiciens.
– Étienne Boudou-Laforce, Québec