Les déclarations du sénateur Boisvenu sur l’incitation au suicide de détenus seraient appuyées par une forte proportion de la population (41 %), selon un sondage paru dans Le Journal de Québec. M. Boisvenu s’est fait confier de très grandes responsa-bilités par le gouvernement conservateur pour la réforme de la justice. Or, la justice, ce n’est pas l’affaire du peuple, mais l’affaire de spécialistes qui vont s’élever au-dessus de la masse pour arbitrer des affaires complexes en recherchant le meilleur intérêt de la société.
À l’époque de la barbarie, sans remonter à plusieurs siècles, la vengeance était le moyen pour les victimes de punir leurs agresseurs. On utilisait fréquemment la torture, les procès sommaires, des punitions cruelles et le lynchage. Les sentiments instinctifs derrière ces gestes habitent encore les humains. Devant des crimes qui semblent horribles, devant des cas extrêmes, on se montre ouvert à de tels gestes. Or, le monde moderne a de longue date compris que la justice doit être appliquée en se basant sur des principes forts et non sur l’instinct.
Qui trouverait normal qu’un juge affiche de la haine envers les criminels au point de déclarer qu’on devrait les laisser se suicider dans leur cellule? Or, le rôle du sénateur Boisvenu dans ce gouvernement dépasse le rôle de juge. Il est en train de réformer la justice criminelle, d’attacher même les mains des juges de plusieurs façons, en leur enlevant la possibilité de considérer les circonstances particulières de chaque cas. Et on constate que son apport à la justice est basé sur la haine.
– Jeannot Vachon, Québec