Cette lettre répond à une autre publiée dans cette page vendredi.
Obstination? Oui, le gouvernement fait bien de vouloir imposer l’anglais intensif en 6e année du primaire.
L’obstination, c’est une jeune enseignante d’anglais intensif de 5e année qui s’écrie dans un moment de désespoir devant une classe agitée : «Vous voulez vraiment finir l’année et savoir dire toaster, ketchup et parking?!» Moment inoubliable de mes trois ans d’anglais intensif au primaire.
J’entends trop souvent des jeunes adultes de mon âge dire qu’ils auraient aimé apprendre l’anglais plus jeunes. Donnons enfin cette chance à la prochaine génération! Qui sait, les jeunes iront peut-être plus à l’université, et peut-être se dirigeront-ils vers les sciences, un monde tout à fait anglophone? Ils n’auront plus peur de faire des stages et de voyager hors du Québec et de la France (si réconfortante pour un francophone unilingue).
Pourquoi dépenser autant d’argent pour quelques heures de cours d’anglais par an si les élèves ne le parlent pas en sortant du secondaire? C’est long avant d’être motivé à apprendre une langue. Tout comme pour un nouveau sport, il faut apprendre la base avant de s’y plonger en profondeur. Apprenons-leur la base en 6e année afin qu’ils aient la motivation nécessaire pour lire et écouter la télévision en anglais une fois arrivés au secondaire.
Je ne veux pas entrer dans le débat du français et de l’immigration, mais avant de constater que les immigrants ne parlent pas français, admirez plutôt que l’anglais est souvent leur deuxième langue. Prenez-en de la graine… toaster, ketchup, parking.
– Dominique, étudiante à la maîtrise en science biomédicale à l’Université de Montréal