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Un Super Mardi pas si super

Mardi, les républicains vont peut-être arrêter leur choix sur un candidat. Avec des votes tenus dans 10 États, le Super Mardi ouvre habituellement la voie de la victoire au meneur. Mais la course républicaine en dents de scie de cette année donne une idée de la suite des choses.

Même s’il rafle la majorité des États, Mitt Romney arrivera peut-être trop tard pour entamer une véritable course contre Barack Obama.

D’ordinaire, le Super Mardi est l’occasion de fêter pour le meneur des primaires républicaines. Mais les primaires 2012 n’ont rien d’ordinaire. Le favori, Mitt Romney, a dû affronter une brochette d’adversaires de taille. Il est désormais au coude-à-coude avec Rick Santorum, un conservateur catholique qui, jusqu’à tout récemment, semblait avoir  peu de chances de gagner, ne fût-ce que dans un État.

Keith Gaddie, professeur de science politique à l’Université de l’Oklahoma, un des 10 États qui tiennent des primaires aujourd’hui, laisse entendre que les autres candidats ont du mal à se positionner. «Ils doivent se légitimer. Ils le font en essayant de s’adresser à la base conservatrice, ce qui les éloigne de l’électeur moyen.»

Les sondages indiquent que 43 % des républicains de l’Oklahoma se rangent derrière Santorum, contre 18 % pour Romney. «Environ 65 % des électeurs républicains sont des chrétiens évangéliques, note M. Gaddie. Ils accepteront de voter pour un catholique, mais ils ne peuvent passer outre le mormonisme de Romney.» Ce qui n’est pas de bon augure pour M. Romney, étant donné que les autres États montrant une large proportion d’évangéliques risquent de voter comme les électeurs de l’Oklahoma.

Mitt Romney peut compter sur de meilleurs résultats dans d’autres États qui participent au Super Mardi, comme la Virginie et le Massachusetts, son État natal. Newt Gingrich, originaire de la Georgie, est toutefois le vainqueur pressenti dans cet État.

«Plusieurs de mes amis vont voter pour Romney parce qu’ils croient que Santorum est trop conservateur, dit Joe Paru, un étudiant de 22 ans à l’Université Suffolk et président du Massachusetts College Republicans. Mais je penche pour Santorum. Romney passe son temps à critiquer la réforme de la santé d’Obama, qui est calquée sur l’approche qu’il a lui-même mise de l’avant en santé ici, au Massachusetts.»

Pour Romney, tout scénario supposant moins de cinq victoires au Super Mardi prendra l’allure d’une défaite. Et, alors que la bataille fait rage dans le camp républicain, le président Obama ne touche pas à ses immenses réserves financières pour l’élection de novembre…

Weldon Walker, un électeur de la Virginie, résume l’angoisse des républicains : «J’ai du mal à dire qui est le meilleur candidat. Mais une chose est sûre, c’est que les républicains ont besoin de se rassembler après le Super Mardi et doivent s’assurer d’avoir le meilleur candidat. Autrement, il n’y aura aucun changement à la Maison-Blanche.»

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Tout pour les extrêmes
Entrevue avec Clarke Cooper, directeur général de Log Cabin Republicans (gais et lesbiennes républicains); membre du comité des finances du Parti républicain

Le Super Mardi est là, et pas de vainqueur en vue. Quel est le problème de la course républicaine?
Les indépendants – qui ne sont inscrits ni comme républicains ni comme démocrates – s’affilient moins que par le passé aux deux grands partis. Le résultat, c’est que les bases des partis ont bougé vers les extrêmes. Mon ancien patron, Jeb Bush, note que l’inclusion fonctionne, mais la démocratie reste un processus complexe.

Les républicains auront-ils un candidat viable?
Il y a beaucoup de discussions parmi les républicains à Washington pour diriger les dons vers les courses au Sénat et à la Chambre des représentants plutôt que vers la course présidentielle, parce que nous avons de grandes chances de conserver notre majorité au Congrès. Mais bien des choses peuvent changer d’ici novembre.

Comment la victoire de Romney au Michigan a-t-elle changé la course?
Les victoires en Arizona et au Michigan reflètent un resserrement sur le terrain, mais aussi le rejet des positions extrêmes de Santorum sur les gais, les femmes et l’éducation. Ces deux victoires vont attirer plus de dons vers Romney. On peut aussi s’attendre à une plus grande participation durant le Super Mardi.

Que doit faire un candidat républicain pour gagner?
Il doit persuader les indépendants, et même des démocrates, de voter pour lui. C’est comme ça que Reagan et George W. Bush l’ont emporté. Mais si la course aux primaires décourage les indépendants, il est plus difficile de l’emporter.

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… et l’argent
7,7 M$ contre 2 M$.

Et la suite?
En résumé, encore des primaires. Plus de la moitié des États américains vont tenir leurs primaires après le Super Mardi, mais, dans le passé, ces scrutins tardifs ont eu une importance négligeable.

Si Mitt Romney remporte beaucoup d’États aujourd’hui, il devra confirmer sa suprématie en remportant des victoires décisives dans quelques États supplémentaires. S’il ne réussit pas son Super Mardi, tout restera à jouer.

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