Cette lettre répond à la chronique de Benoit Lefebvre publiée dans cette page lundi.
M. Lefebvre, bien que vous terminiez votre article en disant que toutes les luttes se valent, votre mépris initial envers les revendications des paramédics est la preuve de la grande ignorance au sujet de la situation qui prévaut au Québec et par-ticulièrement à Montréal.
Sachez qu’au quotidien, ce sont les paramédics qui, en plus de leurs tâches habituelles, doivent compenser pour les maux du «système» : démographie et immigration, vieillissement, résidences et CHSLD, désinstitutionnalisation, itinérance et j’en passe. Quand nous ne pouvons contester par la grève, nous devons exposer notre mécontentement d’autres façons, et les pantalons en sont un exemple.
Les revendications sur les conditions de travail ne sont rien par rapport à l’état dans lequel le gouvernement maintient les services préhospitaliers. Ma famille, et la vôtre par le fait même, risque de ne pas recevoir les soins requis au moment où ils sont nécessaires et critiques. Il importe de ne pas déformer par le dénigrement ou l’aveuglement la réalité que vivent les paramédics parce qu’ils forment un des premiers maillons d’un système qui peut être excellent dans la mesure où l’on reconnaît les limites du passé et que l’on augmente le nombre de véhicules ambulanciers sur la route.
– Pierre Provost